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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Ein Sof


Ein Sof


















LE POEME COSMIQUE DE LA KABBALE LOURIANIQUE
Hubert H.

Chez ISAAC ASHKENAZI LOURIA (1534-1572), l'origine et l'histoire du monde entrent dans le cadre d'un vaste poème cosmique qui fait l'un des aspects les plus importants de la kabbale telle qu'elle nous est parvenue . La cosmogénèse, dans la pensée de Louria, procède de trois moments essentiels : la contraction (tsimsum), le bris des vases (shebirat kélim) et la restauration (tiqqun).

1/ La contraction (tsimsum)
- Antérieurement à tout: le Ein-Sof
Antérieurement à tout n'existe que le Ein-Sof, l'être unique, infini et indifférencié, en un mot, Dieu en qui coexistent rigueur et miséricorde, cette dernière prévalant sur la première à ce stade de la réalité cosmique.
De ce constat apparaît la question première qui se pose à la pensée lourianique : si,
antérieurement à tout, il n'est que le Ein-Sof unique et infini, comment est concevable et possible un monde autre que lui, qui, parce qu'il est autre que lui, viendrait remettre en question son unicité et son infinitude ? Comment le monde existe-t-il si Ein-Sof existe ?

- La contraction (Tsimsum)
Pour faire exister le monde, Ein-Sof, autrement dit Dieu, se contracte en lui-même et réalise en son centre un espace, un vide, le Téhiru, qui rend alors possible en lui, par son existence même,l'apparition des mondes physiques. Cette contraction de Dieu (tsimsum) est la manifestation de la rigueur qui est essentielle en lui et qui, jusque là, était comme maîtrisée par son infinie miséricorde.
Le Tsimsum est donc une réduction porteuse d'une certaine forme de négativité et c'est cette réduction négative qui rend possible l'existence de notre monde.
Ainsi, le monde ne serait pas créé mais révélé par la réalisation du Téhiru dont l'existence lui fait une place parmi les existants. L'intervention de Ein-Sof est non création mais possibilisation par autolimitation divine d'un monde préexistant et qu'il ne s'agit que de révéler.

- L'expansion et le retrait (Histalqut et Hitpashtut)
Après s'être retiré (Histalqut) dans un acte de rigueur pour faire apparaître le Téhiru, Ein-Sof y revient dans un second acte, d'expansion cette fois (Hitpashtut), lequel manifeste alors la miséricorde essentielle à Dieu. Cette expansion revêt l'aspect d'un rayonnement lumineux qui pénètre le Tehiru et purifie les forces de la rigueur qui y sont demeurées depuis le précédent retrait conjointement avec
les résidus de la lumière infinie (le Reshimu) qui y régnait avant ce retrait.
En fait, l'existence de notre monde est marquée par la coexistence de ces deux mouvements contradictoires de retrait et d'expansion faisant ainsi coexister les forces de la rigueur et celles de la miséricorde, les premières portant la marque de l'intervention de l'homme, les secondes celle de la présence divine, la ligne droite (Yocher) des travaux humains et le cercle (Iggul) de la perfection divine, etc ...

- L'apparition des vases-réceptacles (kelim)
La contraction (tsitsum) a deux conséquences :
a) Une trace de la rigueur impliquée par le retrait lui-même et qui va prendre l'aspect du qaw-hamidda,forme organisatrice du cosmos inhérente au Téhirou. C'est à ce niveau que se dessine l'ordre du monde humain, avec ses lois rigoureuses et son déterminisme stricte.

b) Une trace de la miséricorde de Ein-Sof qui revêt l'aspect de résidus de sa lumière infinie demeurés dans le Téhiru aprés le retrait. Cette lumière résiduelle est le Reshimu.
L'action réciproque du qaw-ha-midda et du Reshimu est à l'origine de vases-réceptacles de la lumière divine (kelim) grâce auxquels les mondes inférieurs pourront la recevoir. Les kelim sont les "enzymes" de la lumière divine.
Par ailleurs, ces kelim sont organisés de façon à former l'"homme primordial"
(Adam Qadmon) lui-même constitué de dix séphirot concentriques (Nefesh) et de dix séphirot verticales (Rouah). C'est l'homme primordial, donc l'ensemble des séphirot, qui établit la jonction entre Ein-Sof et les mondes inférieurs, répondant ainsi à la question initiale posée par la possibilité de coexistence de ces mondes d'une part, et de l'unicité et l'infinitude de Dieu, d'autre part.

2/ Le bris des vases (Shebirat kelim)
Les vases-réceptacles (kelim) composant les sephirot de Adam Qadmon reçoivent donc la lumière divine dans son mouvement incessant d'expansion vers le Tehirou. Mais, dés l'origine, les sephirot n'ont pas reçu cette lumière dans des circonstances égales : les trois premières sephirot, celles qui se trouvaient le plus proche de Ein-Sof (Keter, Hokhma et Bina) ont reçu cette lumière pour la répandre à leur tour dans les mondes inférieurs. Mais les autres sephirot, les six formant le groupe Zeir-Anpin et la septième, Malkhut, n'ont pu résister à son éclat et leurs kelim en ont été brisés. Deux effets résultent de cette brisure : d'une part, une grande partie de la lumière que les kelim n'ont pu recevoir est remontée vers Ein-Sof, sa source, d'autre part, quelques étincelles (netsutsot) de cette lumière demeurent néanmoins attachées aux débris des vases et s'enfoncent avec eux dans le fond des mondes matériels. Ces débris faiblement lumineux (kélippot) fournissent, dans les mondes inférieurs,
la substance du mal et de la matière à l'état brut. "Le bris des vases est donc une catastrophe cosmique qui a pour effet de déplacer toutes les réalités qu'il s'agisse des lumières ou des vases"

3/ La restauration (Tiqqun)
Après l'éclatement des vases des sept dernières sephirot, le retour de leur lumière vers Ein-Sof et l'éparpillement des débris (kelippot), Louria aperçoit la troisième et dernière phase de la cosmogénèse dans la restauration réorganisatrice du monde : le Tiqqun. Ce Tiqqun se réalise luimême en plusieurs phases. Sitôt éclaté le bris des vases (shebirat kelim), commence le processus du Tiqqun . Un appel à l'aide est comme impulsé des sphères inférieures du monde brisé (Mayim Noqbin = eaux femelles). A cet appel répond, depuis l'homme primordial (Adam Qadmon), l'émission d'une lumière qui va assurer la cohésion des séphirot jusque là isolées les unes des autres. Le Tiqqun devient réorganisation de ce que le bris des vases avait désorganisé, cette réorganisation étant d'abord celle des séphirot comme agents médiateurs entre Ein-Sof et les mondes inférieurs.



Tzvi Freeman - chabad
"Les Grecs ont pris leur alphabet et beaucoup de leurs idées fondamentales des Juifs, qui les avaient précédés dans la littérature de plus d’un millénaire et avaient un bien meilleur taux d’alphabétisation. Les Juifs avaient développé depuis bien longtemps la perception d’un « univers » ­– c’est-à-dire la perception d’un monde unifié connaissant un ordre unique. Cependant, le parcours historique du peuple d’Israël les avaient aussi et surtout imprégné de la conscience de ce qui transcende la nature.

Pour Platon et Aristote, le principe premier est l’intellect suprême qui est l’essence de toutes les formes vraies ainsi que de la nature. Pour le Juif, bien que D-ieu se trouve dans toutes les formes naturelles et soit leur essence, Il n’est limité par aucune d’entre elles, pas même par celle que nous nommons « la raison ». Lorsqu’Il se manifeste à travers la nature et ses phénomènes, c’est parce qu’Il choisit de le faire. À d’autres occasions, Il peut choisir de se manifester à travers la négation de l’ordre naturel, comme ce fut le cas pour les plaies d’Égypte. Ou encore, parfois, dans la négation de tout ordre logique. D-ieu, pour le Juif, est entièrement libre et sans limites. Dans le langage des kabbalistes, Il est le Ein Sof, l’Infini."

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