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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Tohu Bohu




                                       Tohu Bohu  cythara


                                                     TOHU BOHU





Genèse, chapitre 1

1) Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
2) Or la terre n'était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l'abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.

Nahmanide
Le mot Tohu est traduit selon les paroles de nos Sages (Talmud – Traité Kiddoushin – Page 40) : ébahi (qui se dit Tohé en hébreu) – ébahi par l’état initial : car si quelqu’un venait à attribuer un nom à cette chose, il serait ébahi et lui attribuerait un autre nom, car la chose n’a pas pris une forme qui puisse être contenue dans une dénomination. Et cette forme de consistance s’appelle en hébreu  Bohu , qui correspond à la contraction de l’expression hébraïque « Bo Hu » qui signifie : c’est dedans, car tout ce qui existe y était en puissance.
Et voici que par cette créature (la création initiale), qui est comme un petit point fin qui n’a pas de substance, ont été créées toutes les créatures du ciel et de la terre





Genèse Rabba (Ed. Vilna) Paracha 2
Rabbi Shimon fils de Laquish a enseigné : La Torah commence par une allusion aux exils (d’Israël).
« Et la terre était tohu-bohu, et l’obscurité recouvrait l’abîme. Et le souffle de Dieu planait sur la surface des eaux. »


« La terre était tohu » : allusion à l’exil de Babylone, comme il est dit : J’ai vu la terre, et voici elle était tohu (Jr 4).
« et bohu » : allusion à l’exil de Médie, comme il est dit : « Il l’ont perturbé pour amener Aman » .
« Et l’obscurité » : allusion à l’exil de Grèce qui a obscurci les yeux d’Israël par leurs décrets.car ils (les Grecs) leur disaient : Ecrivez sur la corne d’un boeuf que vous n’avez plus de part dans le Dieu d’Israël.
« Sur la surface de l’abîme » : Allusion à l’empire scélérat (Rome, qui détruisit le Temple).De même que l’abîme est sans fond, ainsi leur méchanceté est sans fond. 
« Et le souffle de Dieu planait sur la surface des eaux » : Allusion au souffle du Roi Messie.
:
Selon les commentateurs, cette corne de boeuf ferait allusion à la faute du veau d’or.






                                                     COSMOLOGIE



                   Qui a déployé l’espace et le temps (le Big Bang) ?


Au fur et à mesure de l’expansion (inflation), l’Univers se refroidit, la densité baisse. Les premières particules élaborées de la matière (protons, neutrons) apparaissent. Au bout de trois cent mille années (mesure rétroactive à partir de la loi de Hubble), les ondes électromagnétiques dont la lumière, sont libérées et inondent l’Univers. Le télescope Hubble a pu percevoir et préciser l’image radio de cette « lumière » primordiale, appelée fonds diffus cosmologique. Cette découverte est à rapprocher de la lumière créée au premier jour de la Création . Le mot Yom au début de Béréchit, a été malencontreusement sorti de son contexte et a été traduit par « jour ». En fait, sa signification serait plutôt celle de phase dans le processus de la Création. Ce qui n’enlève rien au caractère sacré du Chabbat

QUE DIT BERECHIT ?



La première phrase de Berechit (Genèse) est :

« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Et la terre était tohou et bohou … ».
Le mot  est un hapax, c'est-à-dire un mot unique introuvable ailleurs dans le Tanakh (la Bible hébraïque). En fait, il s’agit probablement d’un mot construit dont le sens courant, chaos, est problématique, dans son contenu comme dans sa construction. En effet, la notion de chaos n’est pas essentielle dans les commentaires de nos Sages. Tout en respectant l’autonomie de ces commentaires,qui procèdent d’un autre mode de pensée (plus le pourquoi que le comment), il convient de noter que la science elle-même, dans ses évolutions récentes, semble plutôt s’orienter vers l’idée d’un ordre primordial.
Analysons de près le terme « tohou et bohou ». Au milieu, nous trouvons une conjonction de coordination. Si on l’ignore, il reste . Une traduction littérale de ce dernier terme signifierait « par Lui, dans Lui ». Le sens ici est que Dieu Se suffit à Lui-même. La logique cause-effet ne Le concerne pas
Le Tav  du « par Lui » est aussi la première lettre du mot Torah,le du « dans Lui » est la première lettre de Berechit, le principe même de la Création traditionnellement traduit par « Au commencement.. ». La Torah précède ainsi la Création.
Si on enlève les lettres  et , que reste-t-il ?  . La racine du tohou et bohou est ainsi un ordonnancement, un ordre (ou encore une anti-symétrie) qui interpelle quand on pense à la super-symétrie du point singulier du début de l’Univers. Cet ordre s’exprime par une entropie (mesure de désordre) nulle et par une information infinie, c'est-à-dire celle de la certitude absolue. D.ieu S’ennuyait-Il ? Toujours est-il qu’Il a voulu créer une certaine distanciation par l’action (concept d’Elokhim :  ), imposer un désordre nécessaire à la Vie laquelle est, en fait, un ordre local auto-organisé, de plus en plus complexe, dans le désordre croissant que génère l’expansion de l’Univers. En quelque sorte, Dieu a accepté de se départir d’une étincelle de son infinité (Tsimtsoum) pour donner le libre arbitre à l’Homme, sommet de la Création.
L’autre nom de Dieu dans la Bible est  : double Yod de Sa transcendance et de Son immanence (thème récurrent dans la Kabbale). L’action se traduit par la brisure de symétrie qui peut s’interpréter comme l’apparition du Yod  de l’immanence et, par ailleurs, l’éloignement ou la disparition, dans , du dernier Vav , à gauche, symbole, ici, de l’antimatière, laquelle interdit toute vie possible, pour donner le tétragramme, signature de Dieu . L’autre Yod, la transcendance, n’est à peine perceptible pour l’Homme que par une forte ascèse dans l’étude de la Torah.
Le tétragramme n’apparaît qu’au chapitre 2, verset 4 de Berechit, au moment où Dieu crée l’homme et la femme, comme si toute la Création était centré au final sur l’Humain.

Plutôt que le Hasard, le principe anthropique adopté par plusieurs cosmologistes, principe selon lequel l’Univers n’existe que parce que l’homme existe, rejoint ainsi le principe torahnique.

QUE DIT LE ZOHAR ?


On trouve dans le Zohar, dans les commentaires des chapitres de Berechit, des passages qui montrent des analogies troublantes par rapport à la vision de la cosmologie moderne.
En effet, voici les passages -traduction de Charles Mopsik- que l’on peut lire et interpréter (nous pouvons lire, entre parenthèses et en italique, les rapprochements que l’on peut envisager) :
«Une flamme obscure jaillit du frémissement de l’Infini (infiniment petit), dans l’enfermement (atomes, noyaux, électrons et force nucléaire faible) de son enfermement (quarks et force nucléaire forte). Telle une forme (certitude et ordre) dans l’informe, inscrite sur le sceau, ni blanche, ni noire, ni rouge, ni verte, ni d’aucune couleur. Quand ensuite, Il régla le commensurable (quatre dimensions de l’espace-temps et la métrique), Il fit surgir des couleurs (forces électromagnétiques et la lumière)qui illuminèrent l’enfermement (fonds diffus cosmologique) » …
« Jusqu’à ce que, par l’insistance de sa percée (force de l’expansion contre la gravité),elle mette en lumière UN POINT TENU (point singulier), enfermement suprême. Par delà ce point, c’est l’inconnu (mur de Planck), aussi est-il appelé Commencement, autrement dit la primauté de Tout. »
« Alors ce commencement se déploie et se construit un Palais (expansion de l’univers) pour Sa gloire et Sa louange. En ce palais, est semée la semence de Sainteté, féconde pour le monde (la Vie et l’Homme) »
« Ce sont les lettres qui ont été gravées, le sens intime de la Torah, qui jaillirent du point. »
Rappelons enfin, les commentaires sur les premiers versets de Berechit de Nahmanide qui parle d’une création en-nihilo du « yesh mi'ayin », de cette substance ténue originelle « dak, ein bo mamach » qui recèle toute l’information nécessaire à la Création et à la Vie.
Après lecture de ces passages, on ne peut que se poser la question suivante : Si A. Einstein, juif laïc, avait été un lecteur du Zohar ou de Nahmanide, et avec toute l’admiration et le respect qu’on lui doit, aurait-il commis « la plus grande erreur de sa vie » ?
On se retrouve à ce niveau devant la question fondamentale : le rapport entre information et énergie (et donc matière) qui a été souligné par le spécialiste de la théorie de l’information dans le domaine quantique, L. Brillouin. Va Omer Helohim ..., Ve Daber Adonaï … = Et Dieu dit ..

INTERPRETATION GUEMATRIQUE


Quand on calcule les chiffres attachés respectivement au tétragramme- - (26) et à la racine du Tohou va-Bohou- - (22), la différence est de quatre, valeur de Daleth qui signifie porte, pour porte du Palais.
Ce chiffre, pour A. Steinsaltz, est aussi le symbole de la diversité de la matière et de la vie.
Selon la théorie des cordes (tentative théorique d’unification de la relativité générale et de la mécanique quantique), l’Univers aurait 11 dimensions dont 7 enroulées sur elles-mêmes. Les 4 dimensions déployées-3 d’espace, 1 de temps-sont nécessaires et suffisantes pour qu’il y ait la vie (démonstration établie par P. Ehrenfest).
C’est aussi le nombre de forces d’interaction (voir ci-dessus) nécessaires pour que la chimie et donc, la Vie apparaissent.
De nombreuses autres occurrences fondamentales existent faisant intervenir le chiffre 4, en particulier,

- les quatre équations de Maxwell de l’électromagnétisme
- les quatre constantes universelles : c, vitesse de la lumière dans le vide,
h, constante de Planck dans la mécanique quantique,
g, la constante de gravitation de Newton,
k, la constante de Boltzmann (physique statistique)

- les quatre principes de conservation (quantité de mouvement, moment cinétique, énergie, charge électrique) et ceux (4) de symétrie (homogénéité de l’espace, isotropie de l’espace, homogénéité du temps, symétrie de jauge) d’Amélie Noether, scientifique et humaniste juive longtemps méconnue. Elle a été la première femme professeur à entrer, en 1918, à la prestigieuse Université de Göttingen, en acceptant pour cela de ne pas être rémunérée. Elle en a été exclue en 1933 par les Nazis et a émigré aux USA.
En conclusion, nous espérons qu’au travers de ce texte, nous avons d’une part honoré les grands scientifiques qui ont fait avancer l’Humanité, et d’autre part rendu un peu plus compréhensible, la traduction particulière du Tohou va-Bohou, donnée par Rachi de Troyes (XIIème siècle), le grand commentateur de la Torah : « étonnement, stupéfaction »



VICTOR SITBON
lamed



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