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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Le Tiqoun
























Le tiqoun ou la réparation

Le tiqoun, qui signifie "réparation", "restauration" ou "réintégration", est le processus par lequel I'ordre idéal est rétabli ; c'est la troisieme phase fonda- mentale du grand cycle proposé par Louria.
La "brisure des vases" est une défectuosité qui requiert réparation ; la créa- tion, d'un point de vue divin comme sur le plan humain, doit entrer dans un processus de tiqoun. I1 faut ramener les choses à leur place et à leur nature propre. La réparation ne peut se faire d'elle-même, c'est à l'homme qu'en incombe la responsabilité. L'homme devient ainsi responsable de l'histoire du monde.
La philosophie de l'histoire de Rabbi Isaac Louria devient une philosophie engagée où l'hornme acquiert une place centrale. L'homme et Dieu sont associés dans la Création. I1 est vrai qu'apres la "brisure des vases", Dieu a révélé de nouvelles lumières et a déja commencé à réparer le monde, mais cette réparation n'est pas terminée. L'action divine ne l'a pas entièrement réparé. L'acte décisif a été confié a l'homme. On peut dire que l'histoire de l'homme est l'histoire du tiqoun, c'est-a-dire l'histoire de l'échec du tiqoun. Sans cet échec, 1'Histoire elle-méme n'existe- rait pas et l'homme serait un être achevé, c'est-à-dire mort. L'impossibilité de la réussite du tiqoun, de cette atteinte de la réparation, définit l'homme comme un étre "à être" dont l'éthique n'est plus celle de la perfection, mais de la perfectibilité.

La seconde brisure

Au niveau des textes de Rabbi Isaac Louria, on rencontre l'idée d'un premier essai du tiqoun avec adam harichone, "Adam Ie premier homme": Adam aurait dû réparer Ie monde, mais i1 n'a pas accompli sa tâche. S'il l'avait fait, la Genese aurait conduit immédiatement à l'état messianique, ce qui veut dire qu'il n'y aurait pas eu de développement historique. L'exil cosmique aurait pris fin, Adam aurait été l'agent de la rédemption qui aurait rétabli Ie monde dans son unité. Le processus historique aurait été achevé avant même d'avoir commencé. Hélas, ou plutôt heureusement, Adam échoua. Au lieu d'unir ce qui derait être uni et de séparer ce qui devait être séparé, i1 sépara ce qui était uni : "I1 sépara le fruit de l'arbre."
L'échec du premier homme ramena le monde qui était presque réparé a un état antérieur. Ce qui s'était passé lors de la "brisure des vases" se reproduisit. Les bouleversements provoqués par cette brisure sur le plan ontologique furent répétés et reproduits a un niveau anthropologique et psychologique. L'entrée de l'homme dans le jardin d'Eden correspond au moment de la presque restauration de la brisure. L'épisode du fruit et la sortie du jardin marquent la seconde brisure.

Voyage des étincelles

La mission qu'avait Adam de réparer et restaurer les mondes rejaillit maintenant sur ses descendants, mais de manière incomparablement plus difficile et plus complexe. Avant son échec, Adam comprenait en lui l'ensemble des autres âmes humaines à venir. Avec la seconde brisure, les "étincelles" d'âmes humaines partagerent désormais le destin de la chekhina divine enfermée dans les fragments dispersés des récipients brisés : elles furent emprisonnées dans des "écorces" (qlipot). Ainsi le tsimtsoum, la chevira et Ie tiqoun ne sont- ils pas seulement des dimensions cosmologiques à reléguer dans un passé mythique : ils concernent l'homme, l'humanité de l'homme en général.
Rabbi Isaac Louria enseigne que l'âme est composée de six cent treize parties : chacune de ces parties est subdivisée à son tour en six cent treize parties ou "racines" (chorèch) ; chacune de ces "racines" dites majeures se subdivisant elle-même en un certain nombre de "racines" mineures ou "étincelles" (nitsotsot). Chacune de ces "étincelles" est une âme individuelle sainte. Si Adam avait accompli sa mission, toutes ces âmes et étincelles seraient demeurées en son sein ; elles auraient réalisé ensemble la restauration, Ie grand tiqoun. L'échec d'Adam ruine totalement la possibilité de ce grand tiqoun. Des âmes remontèrent vers Ie haut, à leur racine, qui ne reviendront pas avant la réussite du tiqoun. D'autres âmes demeurerent au sein d'Adam. La plupart des "âmes-racines" et des "âmes-étincelles" sortirent d'Adam pour tomber dans Ie domaine de la qlipa, l"'écorce", et constituèrent dans Ie domaine de 1'"autre côté" un "anti-Adam': négatif de 1"'homme primordial': adam qadmon, que l'on rencontre dans le domaine de la sainteté. L'homme entra alors sur la scene de l'Histoire, participant de 1'Adam et de l'anti-Adam, du "côté de la sainteté" et de l' "autre côté".

L'élévation des étincelìes

Dans Ie systeme de Louria, Ie tiqoun implique deux opérations : d'une part, le rassemblement des étincelles divines tombées en même temps que les fragments des vases brisés dans le domaine des "écorces" (qlipot) ; d'autre part, Ie rassemblement des âmes saintes emprisonnées dans les "écorces" et soumises à l'anti-Adam. Ces deux opérations de tiqoun sont comprises dans le syrnbole de 1'"élévation des étincelles": Ce symbole exprime le sens véritable et le mystère de I'histoire de l'humanité, et Israël en particulier. Certaines âmes sont des étincelles du "domaine de sainteté": d'autres sont issues de la qlipa de l'"autre côté". La qlipa contient aussi des étincelles saintes qui attendent leur tiqoun, la brisure de l'écorce qui les délivrera. Depuis I'exclusion d'Adam du jardin d'Eden, chaque moment important de l'histoire est l'occasion d'un tiqoun, mais aucun ne porte ses hits de manière radicale. La relecture kabbalistique des textes traditionnels, Bible et Talmud, insiste sur ces moments privilégiés, leurs tentatives et leurs échecs. La révélation de la Tora au mont Sinaï, par exemple, fut un temps de tiqoun : le monde était sur le point d'être totalement restauré mais la faute du Veau d'or ramena tout à un certain niveau de chaos.
Remarque importante :
La loi fut donnée à la suite de cette nouvelle brisure pour réaliser un tiqoun ultérieur au moyen des commandements. Rappelons que l'on répertorie six cent treize commandements ayant chacun pour fonction la possibilité de la restauration des six cent treize parties de l'Adam prirnordial.

Les etincelles individuelles

Dans les paragraphes précédents, nous avons parlé d'étincelles de maniere générale et collective. On doit ici insister sur l'existence d'"étincelles individuelles" qui constituent la particularité et l'unicité de chaque homme. L'âme humaine se compose de différentes lumieres ou aspects dont l'ensemble produit l'"étincelle individuelle" de chacun. Chaque "étincelle individuelle" est divisée en trois niveaux (néfech, rouah, nechama) et chaque niveau comporte six cent treize parties. Une hiérarchie ascendante ordonne les trois sortes d'âme de telle maniere qu'un homme ne puisse réaliser l'une qu'apres avoir parfait la précédente. Deux degrés supérieurs, haya et yehida, ne sont atteints que par quelques âmes élues qui ont été illuminées par la plus haute des lumières. La tâche de l'homme est d'atteindre la perfection de son "étincelle individuelle" à tous les niveaux. I1 est possible qu'une seule vie ne suffise pas pour ce travail. I1 se peut que le tiqoun doive être réalisé laborieusement et par étapes au cours de nombreuses vies et transmigrations (guilgoulim). Cette idée du guilgoul, de la "transmigration": est corollaire de la théorie de l'"étincelle individuelle" et a pénétré la conscience ou plutôt l'inconscient du judaïsme. De manière étrange, c'est une idée qui a été refoulée par la suite. I1 est important chez les kabbalistes de l'école de Louria de découvrir la racine de leur âme comme si seule cette connaissance permettait à l'homme de restituer son âme à sa racine céleste.
"I1 incombe à chaque homme de chercher avec application et de connaître la racine de son âme afin de pouvoir la parfaire et la rétablir dans son état origine1 qui est l'essence de son être. Plus un homme seperfectionne, plus i1 se rapproche de son être propre." (R. I. Louria, rapporté par E. Hofiínan)
Remarque importante :
I1 existe un lien interne, sorte de sympathie entre les âmes, qui rattache toutes les étincelles provenant d'une même racine, et celles-ci - et elles seules - peu- vent s'entraider et s'influencer réciproquement grâce à leur tiqoun commun.

Exil et étincelles

Nous avons montré que l'exil est la conséquence de la brisure. La question du "pourquoi" de l'exil hanta les générations contemporaines de l'expulsion des juifs d'Espagne et d'autres pays.
Le succes du systeme de Louria vient en grande partie - comme Scholem l'a souligné - du fait qu'il constituait une réponse aux bouleversements historiques de son époque. Louria propose en effet un systeme explicatif - une thèse philosophico-mystique du processus historique - qui prend l'homme a partie en le responsabilisant sur les destinées du monde et la possibilité de la rédemption. L'homme responsable de 1'Histoire est encore à entendre dans son sens collectif. Le peuple d'Israël tout entier est revêtu d'une fonction propre. I1 doit préparer le monde du tiqoun, ramener chaque chose à sa place ; i1 a le devoir de rassembler, de recueillir les étincelles dispersées aux quatre coins du monde. Par conséquent, Ie peuple lui-même doit être en exil aux quatre extrémités de la terre. L'exil n'est pas seulement un hasard, mais une mission qui a pour hut la réparation et le "tri": En effet, la réparation s'accomplit sous la forme d'un "tri" du bien à partir du mal, visant la séparation absolue des domaines du saint et de l'impur qui se sont mélangés lors de la brisure originelle et de l'épisode du fruit dans Ie jardin d'Eden. Les enfants d'Israël sont complètement engagés dans le processus de l'"é1évation des étincelles": non seulement à partir des lieux qu'ils foulent de leurs pieds dans leur exil, mais aussi au sein de l'exil cosmique ou ils sont jetés intérieurement et qu'ils mènent à son terme peu à peu par leurs actes. C'est a partir de cette conception, nous y reviendrons, que les maîtres hassidiques créeront la théorie et la pratique des voyages, non pas initiatiques, mais qui ont trait à l'"élévation des étincelles":

Créer le Messie..

Très vite, les idées de Rabbi Isaac Louria frappèrent l'imagination du public. Nous avons expliqué que ce fait est dû essentiellement au caractère explicatif de la théorie étudiant la situation historique des juifs de l'époque. Un autre facteur est à souligner, à savoir le caractère concret des images proposées par Louria. Ces images sont simples, même si les commentaires que l'on peut en faire savent être subtils et profonds. Dans la période que nous analysons ici, le XVII' siècle, les juifs, riches ou pauvres, vivaient dans un sentiment d'incertitude constant. Personne n'était à l'abri des fluctuations économiques et des effets défavorables des événements politiques. De ce fait, i1 n'y avait pas de différence essentielle sur Ie plan socio-psychologique entre les différeiltes communautés de la diaspora. Dans ce contexte, Ie renouveau religieux à Safed et la kabbale lourianique remplirent une fonction idéologique qui dépassa considérablement la seule visée religieuse de ses initiateurs. Les images concrètes des tsimtsoum, chevira et tiqoun acquirent rapidement une dimension nationale et un grand pouvoir dynamique. Le tiqoun, sorti du domaine purement mystique, non considéré sous son aspect cosmique et ontologique, prit surtout un caractère politique, qui s'est traduit dans un premier temps par la création d'une tension de nature messianique. La "réparation" du tiqoun se transforma rapidement en "rédemption" des âmes et des corps. Le tiqoun fut entendu comme rédemption de l'individu et de la collectivité.

Le rôle du Messie

Lorsque l'homme et la communauté auront accompli leur rôle actif symbolisé par
l'"é1évation des étincelles", le tiqoun sera achevé ; la "réparation" sera terminée et toutes les choses se trouveront à la place qu'elles avaient au temps primordial du monde. Ce moment sera celui de la "rédemption": La "rédernption" vient d'elle-même car elle n'est rien d'autre que la Réparation" (R. I. Louria, rapporté par G. Scholem, in Le Messianisme juif). Les deux notions sont identiques. Si le monde est réparé, i1 est impossible que la "rédemption" ne survienne pas, puisqu'elle ne fait qu'exprimer l'état parfait et impeccable du monde, un monde harmonieux où chaque chose se trouve à sa place. Cela revient à dire que travailler à la "réparation" du monde consiste de fait à travailler à sa "rédemption": Pour Rabbi Isaac Louria, notre rôle est de réparer le monde intérieur et extérieur par nos actions. Cette idée est l'une des plus fondamentales car elle confere aux mitsvot (préceptes de la Ioi, halakha en hébreu) une signifìcation et une dimension cosmiques. Dès lors, il existe un lien entre Ie judaïsme traditionnel, ses préceptes et ses idées, et les forces fondamentales mystérieuses à l'oeuwe dans Ie monde. L'homme qui accomplit un précepte ne fait plus simplement que l'accomplir, i1 se livre à une action universelle. I1 répare quelque chose. L'action de l'homme devient le moteur même de l'histoire. Par nos actes, nous sommes tous engagés dans une unique aventure messianique à iaqueile nous sommes tenus de participer. Dans ce contexte, Ie Messie n'est pas celui qui produit la rédemption, i1 n'est que la manifestation de sa réussite. On ne peut plus attendre le Messie, on doit le créer. En tant que symbole de l'achèvement du tiqoun, Ie Messie perd sa valeur personnelle, et on comprend pourquoi i1 a si peu d'importance dans la kabbale de Rabbi Isaac Louria. Ces notions sont révolutionnaires dans la mesure où elles bouleversent les idées reçues. La notion d'un homme-messie disparait. I1 n'y a plus un sauveur qui rachète l'humanité par sa simple existente et sa simple souffrance. A partir de Louria, on n'attend plus un mouvement messianique déterminé, lié à un Messie nommément désigné ; le Messie devient le peuple d'Israël tout entier. Et c'est ce peuple Israël en son entier qui se prépare à réparer la cassure originelle. On comprend dans ce contexte que la rédemption d'Israël au sens national et politique du terme ait été une perspective tres réelle.

Pour terminer ce résumé des concepts clefs de la nouvelle kabbale, on peut dire que sa révolution consista précisément a rendre au juif, et a l'homme en général, le sentiment de sa responsabilité et de sa dignité en lui faisant prendre conscience que 1'Histoire n'est pas une fatalité, que le juif n'est pas destiné à être malheureux, mais qu'il a en lui, de maniere collective et individuelle, les ressources d'un combat pour le bonheur, les forces de sa liberté.

louriaouaknin - Mystères de la kabbale

2 commentaires:

Ben Beni a dit…

Qui est appele aujourd'hui Juif ? Celui qui a conscience qu'il doit travailler a reparer son tiqoun ? Ou alors celui qui est ne en Israel qui ne va meme pas a la synagogue pour le Shabbat.Dites moi.

Ben Beni a dit…

Je veux ouvrir un debat constructif.Pas une polemique.

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