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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Moshe et ha-Shem


                              Moise art.com



                                   Moshéh et ha-Shem



MARC HALÉVY


Moïse le Lévite (Moshéh ha-Lévy) doit son nom, paraît-il, à la langue égyptienne, la langue des Mitzraym, des “bornés”. La racine en serait Moses qui signifierait “engendré par” et que l’on retrouve dans Ra-Moses (Ramsès : engendré par le soleil), Thot-Moses (Thoutmosis : engendré par Thot) ou Har-Moses (Hermès : engendré par la lumière). 
Moshéh est donc “l’engendré” c’est-à-dire l’initié.
Quant à l’étymologie hébraïque, elle fait dériver - très approximativement - le nom Moshéhde Meshytihou (”je l’ai tiré” - Ex.:2;10).
Il est le seul être humain dont la Torah dit qu’il est un “homme de Dieu”.
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 En Hébreu, Moshéh est un mot de trois lettres : Mem (40 - “eau”), Shin (300 - “dent”) et (5 - “voici”).
Ces trois lettres qui constituent le mot “créance” MShH (donc “croyance” - en Dieu ? - et “contraire d’une dette” - envers Dieu ?), forment symboles.
L’Eau dont participe Moïse, par qui il a été sauvé de l’infanticide, est la fluidité, le mouvement, la vie.
La Dent est le croc, la morsure, la violence et la gourmandise : elle évoque le meurtre du garde-chiourme, la haine de Pharaon et la faim dans le désert.
Le Voici indique la présence, la présence à soi, au monde et au divin (”Me voici” - Hinény- Ex.:3;4).
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 En retournant le mot MShH, il vient HShM qui est ha-Shem : “le Nom”, expression très souvent utilisée dans la tradition juive pour désigner le Nom ineffable, le tétragramme, YHWH que nul ne peut plus prononcer.
Moshéh est, en somme, le Nom à l’envers : Moshéh et ha-Shem sont en symétrie, ils sont miroir l’un de l’autre. Dieu commence là où Moïse finit et Moïse commence là où Dieu finit. Humain et divin sont en miroir, l’un par rapport à l’autre. L’humain ne perçoit, de ce côté-ci du miroir, qu’une image du Divin qui n’est pas le Divin. Pour entrer dans le Divin lui-même, il faut passer de l’autre côté, de l’autre côté du miroir, de l’autre côté de l’apparence et de l’image, de la représentation et des mots.
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La guématrie donne à Moshéh la valeur 345 qui se réduit à 12 (3+4+5) puis à 3 (1+2). On retrouve ainsi les cinq premiers chiffres dans l’ordre, une forme de tétraktys pythagoricienne augmentée : 1 2 3 4 … et 5.
Ainsi 345 donne le 12 des douze tribus d’Israël qui, sous la houlette de Moïse, quitteront la maison des esclaves, recevront les tables de pierre, traverseront le désert et arriveront aux marches de la Terre promise.
Ce nombre donne ensuite le 3 du ternaire kabbalistique majeur : il y a l’Eyn-Sof qui est le Sans-fin, l’illimité, l’Apeiron qu’Anaximandre reprendra, l’UN de Plotin, la source ultime de tout le Réel et de toutes ses manifestations ; il y a les Elohim qui sont l’Immanence, les séphirot, les forces immanentes qui fondent et qui forgent le Réel ; et il y a YHWH qui est la Transcendance, la Loi ineffable qui donne sens au Réel.
Le nombre 345, outre qu’il s’écrit 3 puis 4 puis 5, dans l’ordre ordinal, est un nombre intéressant : il possède trois diviseurs : 5 - 23 - 3 qui, écrits en Hébreu, donne HKGG : “celui qui est comme un toit”. Moshéh, le protecteur de la Torah, est le toit de la maison divine dans le monde.
Son nombre, 345, associe, dans l’ordre ordinal, trois chiffres consécutifs qui, chacun, ont valeur de symbole.
Le 3 symbolise le mouvement, ici, l’exode, le grand voyage de la libération (la sortie d’Egypte), de la révélation (les tables de la Loi sur le Sinaï), de la purification (les quarante années dans le désert) et de la sublimation (le passage du mont Nébo dans un baiser de Dieu).
Le 4 symbolise la matière, la matérialité, la Terre, la Terre-mère (et les quatre “mères” d’Israël : Sarah, Ribqah, Léah et Ra’hel)), la terre promise, la manne, les cailles.
Le 5 symbolise la vérité, les cinq livres de la Torat-Moshéh (le Pentateuque) qui contiennent toutes vérités sans en dire aucune explicitement.
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 Les trois lettres de Moshéh peuvent s’associer deux à deux et donnent quatre mots pourvus d’un sens.
MH donne “quoi” : sauf le Sh médian, il ne reste que la question première : “qu’est-ce ?” ; pour trouver réponse il faut encore le Sh qui est le Feu (ASh), ce feu qui brûle et chauffe, ce feu intérieur qu’attisent les souffles de l’Esprit, cette petite flamme qui couve au fond de quelques âmes et qui y chauffe une grande soif.
ShM donne à la fois le “nom” (Shem) c’est-à-dire la vision analytique d’un monde pourtant unitaire et organique, que les mots découpent en “choses” juxtaposées, et le “là” (Sham) c’est-à-dire le lieu que l’on voit, proche, mais aussi “ce qui est là”, le réel.
ShH donne “agneau” (Shah) qui renvoie, bien sûr, immédiatement, à la Pâque (Pessa’h : le passage) et au sacrifice de l’agneau pascal dont le sang, imprégnant les linteau, sauve les vies innocentes.
HM donne “eux” : le peuple d’Israël, le peuple, l’humanité entière, la gent humaine, autrui, l’autre.

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