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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Le PARDES - Paradis





                                                           Daleth -     Lettre Double





La Porte, La concrétisation.
Elle est la porte, le passage pour celui qui vient d’un monde profane qui rentre dans le monde sacré. La Porte du microcosme vers le macrocosme, passer du plan matériel au plan spirituel. C’est l’état connu à l’état inconnu.Elle est la volonté, la protection du Guide.                                                                           isabel.artiste


Le Séphèr Yètzirah (vie siècle)  dénombre dix séphirot qui sont décrites, mais non clairement nommées (aux côtés des vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu pour former, ensemble, les trente-deux voies de sagesse) et non encore structurées en arbre.

Cette structure sera exprimée dans le Séphèr ha-Zohar (xiiie siècle) et contient les dix Séphirot

 (Kétèr : la couronne, ‘Hokhmah : la sagesse,Binah : l’intelligence, Tiphérèt, la beauté, ‘Hessed : la bonté,Guèbourah : la force, Yéssod : le fondement, Nètza’h : la splendeur,Hod : la majesté et Malkhout : le royaume)

 reliées entre elles par les vingt-deux « canaux », associés chacun à une des vingt-deux lettres de l’alef-beth.
Cet arbre, appelé parfois par les kabbalistes « l’arbre de Vie » en référence à l’arbre qui trônait au centre du jardin d’Éden, non loin de « l’arbre de la connaissance du bon et du mauvais », est interprété de deux manières complémentaires.

Si on le lit de haut en bas, il exprime le processus de formation des mondes à partir de l’émanation primordiale du Eyn-Sof (« l’in-fini » qui pour les kabbalistes représente le principe suprême, l’Un qui englobe et transcende yhwh et tous les Elohim).
 Si on le lit de bas en haut, il représente la « carte » du cheminement spirituel de l’homme qui de degré en degré monte vers le Mystère ineffable de l’Un.

C’est cette lecture que nous faisons ici.
Tout l’arbre est un verger mystique et, en hébreu, le verger se dit « PaRDèS » (qui a donné : paradis) qui forme l’acrostiche des quatre niveaux de lecture de la Torah
:
 Pshat (la lecture littérale),
 Rémèz (la lecture allégorique),
 Dérèsh ((la lecture philosophique)
 Sod (la lecture mystique ou ésotérique qui est celle de la Kabbale).

La porte d’entrée de ce verger mystique est la Séphirah (Royaume).
La franchir, c’est prendre conscience que l’homme vit naturellement dans le monde des apparences, mais que ce monde des apparences n’est pas le monde réel : il n’en est que le reflet, partiel et partial, au travers du canal des sens humains qui sélectionnent et déforment ce qu’ils perçoivent.

Entrer dans le Royaume, c’est renoncer à voir le monde comme un hasard chaotique : tout y prend sens, même si, à ce stade, ce sens est caché et illisible. Dès lors que le réel est ressenti comme royaume,
il est induit que sur ce royaume règne un Roi dont on devine la Couronne tout en haut de l’arbre séphirotique. Mais la Couronne n’est pas le Roi ; elle le manifeste. La Couronne révèle la royauté du Roi, mais le Roi lui-même est au-delà de sa Couronne, dans le mystère de l’Eyn-Sof.

Entrer dans le Royaume, c’est changer de regard sur le monde et sur soi. C’est « voir » que le monde et soi ne sont que deux manifestations éphémères et locales du Réel-Un qui les englobe, les dépasse et les transcende. C’est donc « se savoir » partie prenante d’un flux cosmique dont le monde et soi ne sont que deux apparences épiphénoménales.

Le Royaume est donc, d’emblée, le dépassement dialectique de la dualité primaire du « moi » et du « monde », du regard intérieur et du regard extérieur, de la voie méditative qui cherche Dieu2 au tréfonds de soi, et de la voie contemplative qui cherche Dieu au fin fond de l’Univers.

Une fois le novice entré dans le Royaume, deux sentiments complémentaires l’assaillent : la splendeur de l’Univers (intérieur et extérieur) et la majesté du cosmos (intérieur et extérieur). L’une et l’autre produisent un émerveillement intraduisible en mots (une fois pour toutes, les mots sont impuissants, voire invalidants, sur le
chemin mystique de la vérité ineffable).

Cet émerveillement est la clé et le moteur du cheminement kabbalistique : la Kabbale est, en somme, l’art de s’émerveiller, de questionner le réel et de s’étonner au quotidien de ce que les autres trouvent banal ou trivial. La matière, la vie, la pensée sont en soi des miracles permanents : le merveilleux est ici et maintenant bien plus
que dans le récit de la traversée pascale de la mer des Joncs.

Mais pourquoi donc, à peine entrer dans le Royaume, la dualité apparaît-elle sous la forme de deux émerveillements complémentaires ? Ne devrait-on pas s’attendre à ne trouver que du Un à chaque pas ? La dualité est inhérente à l’homme, à l’esprit humain.L’homme fonctionne selon deux modalités complémentaires, l’une dite du cerveau gauche, analytique, rationnel, quantitatif, logique et l’autre dite du cerveau droit, holistique, passionnel, qualitatif, analogique.
Le parcours kabbalistique est ainsi une recherche de l’unité de soi et du monde dans le Réel-Un, mais aussi de l’unité de soi avec soi : une réunification de l’homme dans toutes ses dimensions, avec le monde et avec lui-même, en somme.

La Splendeur inaugure la colonne de droite de l’arbre séphirotique : la colonne féminine (yin) qui est dite aussi la colonne de « Miséricorde » ou de la compassion (au sens bouddhique du terme).
La Majesté, elle, inaugure la colonne de gauche : la colonne masculine (Yang) qui est appelée aussi la colonne de « Rigueur » ou de la justice (au sens d’équité).

La tradition juive dit de Dieu qu’il possède deux trônes, l’un de justice et l’autre de compassion, et qu’en tout jugement, il s’assied d’abord sur le trône de rigueur pour trancher et passe ensuite sur le trône de miséricorde afin de pardonner (c’est la sens du Yom Kippour).

La Splendeur évoque l’âme submergée par la lumière de tout ce qui existe, reflet inouï de la splendeur divine. Elle est une émotion qui frappe au plus profond de la sensibilité humaine, lorsque celle-ci se rend capable de la recevoir. Elle est prémisse de reliance par le coeur.

La Majesté impressionne l’âme par la grandeur et la gloire immenses du tout divin qui nous submerge. Elle est une perception plus conceptuelle que sensible de l’immensité et de la grandeur du Tout. Elle est le seuil de la reliance par l’intellect.

Ce premier binaire se fond dans la séphirah du « Fondement »  qui prolonge la colonne du milieu : celle du « juste milieu » ou de la « voie du milieu » où les contraires se réconcilient et d’où surgit,peu à peu, la non-dualité absolue qui triomphera dans la Couronne.
Le Fondement est la réponse à cette question essentielle : si le réel-Un est effectivement Un, quel est le fondement de cette unité absolue ? Quelle est la nature du lien qui relie tout à tout et au Tout pour former l’Un qui transcende le Tout ?

Cette terrible question hante les esprits mystiques depuis l’aube humaine, en tout lieu, en tout temps. L’unité absolue de tout ce qui existe, l’interdépendance absolue de tout avec tout est soit une incongruité
(pour le profane), soit une évidence (pour le mystique).

dgdiffusion.com


            Les quatre niveaux de signification ou d'interprétation de la tora vont de l'explicite (pchat) à l'implicite, de l'écriture  littérale au blanc qui entoure les lettres (sod)





Le fleuve de l'Eden s'est divisé en quatre (Gn 2.10-11). Diviser se dit pared, qui correspond aux initiales de pchat, remez, drach. La division vient de l'absence du sod. Celui-ci unifie les différents niveaux et pared se transforme en pardès.




Ces quatre niveaux de signification vont de l'"Il y a" à l'"Il n'y a pas".

Pchat. Signification littérale. Simplicité (pachout). Hitpachtout (étendue, extension et expansion). Rachi et Nahmanide déclarent vouloir s'y limiter. Signification présente dans le texte ou déductible. C'est seulement à ce niveau qu'il peut y avoir discussion entre les commentateurs.

Remez. Signification allusive. Le texte est supposé incomplet. Il est rapproché d'autres textes, parfois éloignés. Le texte a l'air de faire signe vers autre chose.

Drach. (Même racine que midrach). signification allégorique. Le drach est absent du texte. L'absence crée une demande. Un midrach est un récit qui n'est pas sdans le texte. Exemple : Adam et Eve et la voix de Yhvh. Dans la Beit hamidrach (maison d'étude), on questionne sur autre chose que ce que le texte contient. On le sollicite. Daroch = chercher, questionner. Quand le texte n'est pas compréhensible, on est obligé de le solliciter. Lidroch = interroger, exiger une explication. Sortir les mots de leur contexte et les utiliser. Mais il y a quand même cohérence des règles de mise en relation des textes différents.

Sod. Signification cachée. Il n'y a même plus de manque du texte ni d'appel d'aucune sorte. Tradition ésotérique ("Que celui qui comprend se taise" dit Ibn Ezra) jusqu'à la publication du Zohar. La Cabale voit le texte comme un code (éthique, cosmogonie, histoire mythique, psychologie de l'inconscient) autour de catégories abstraites, notamment les sefirot. Rapport formel de type notarikone (casser les mots et regrouper lees lettres de différentes façons) et guematria. Exemple : les sept rois qui ont régné sur le pays d'Edom avant Israël. Le commentaire est projeté sur le texte à la façon d'une grille extérieure. Ce dernier niveau est considéré paradoxalement comme l'intériorité du texte. Structures qui permettent d'unifier les enseignements des trois autres niveaux.

Les quatre niveaux d'interprétation du texte biblique réunis sous le termePARDÈS (Pchat - Remez - Drach - Sod) pourraient être ramenés à une dualité pchat / drach si l'on ne tenait compte que d'une opposition entre interprétation littérale et symbolique. Mais cela négligerait une distinction essentielle entre le sod et les deux autres niveaux d'interprétation symbolique : il ne renvoie à aucune signification préétablie.

En résumé :
- le pchat, sens immédiat du texte, pourrait se passer d'intertextualité.
- le remez est allusif et le drach symbolique. L'un comme l'autre renvoie à d'autres grilles de lecture, par l'allégorie ou par d'autres techniques comme la guématria (valeur numérique des lettres) ou le notarikon (anagramme).
- Le sod (mot qui signifie "secret") n'exprime rien. Il ne renvoie à aucun sens, aucun langage. Dans la Cabaleou le hassidisme, on y accède par des voies mystiques.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Aimer les êtres, est un esprit de lumière et non un sentiment. Élaborer un tel document pour permettre un accès de documentation publique, est aussi un esprit de lumière. Que la lumière luise dans le coeur de l'humanité, pour que les puissants matérielles du monde prennent conscience des faibles, afin que l'inégalité humanitaire disparaisse.
Auteur de ce document, soit dans la lumière de l'Omniscience à jamais.

Jacky 3 a dit…

Une fois compris le sens littéral, allusif, allégorique et secret de l’écriture, on atteint enfin le « PARADIS » ! ! !

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