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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

La Legende du Golem




                               The Golem illustreyes


Sources


Rava a dit : "Si les justes le voulaient, ils pourraient créer un monde, car il est écrit : "Tes iniquités ont été une barrière entre toi et ton dieu". En effet Rava a créé un homme et il l'a envoyé à Rabbi Ze'ira. Le Rav lui parla mais l'autre ne répondait pas. Alors il dit : "Tu viens de chez les pieux; retourne à ta poussière". (Traité Sanhedrin 65b).

Le verset d'Isaïe auquel Rabbi Ze'ira fait allusion. "Assurément, la main de l'Eternel n'est pas trop courte pour sauver, ni son oreille trop dure pour entendre. Mais vos méfaits ont mis une barrière entre vous et votre dieu; vos péchés sont cause qu'il a détourné sa face de vous et cessé de vous écouter. Car vos mains sont souillées de sang, et vos doigts de crimes; vos lèvres débitent le mensonge, votre langue profère l'injustice. Personne n'invoque le bon droit, personne ne plaide avec loyauté; on se fie à l'imposture, on avance des faussetés, on conçoit le mal et on engendre l'iniquité. Ils font éclore des oeufs de basilic et tissent des toiles d'araignées : quiconque mange de leurs oeufs meurt; que l'un d'eux se brise, il en sort une vipère. Leurs tissus ne peuvent fournir de vêtements et leurs ouvrages sont impropres à les couvrir : leurs actes sont des actes d'iniquité, la besogne que font leurs mains est toute de violence".


La légende du Golem résulte de la combinaison de cinq sources 

a) Extrait du seul passage où le mot figure dans la bible (Ps135 : 15-19) : "Mes os ne t'ont pas été cachés, lorsque j'ai été fait dans le secret, tissé dans une terre profonde. Je n'étais qu'un golem et tes yeux m'ont vu. Dans ton livre ils étaient tous décrits, ces jours qui furent formés quand aucun d'eux n'existait".

b) On trouve dans le traité Sanhédrin du talmud la légende de la création artificielle d'un homme par un amora, Rava. Il s’agit de la création et de la destruction du golem, mais il n’y a rien sur la technique de création. Citations : “Rava a dit "Si les justes le voulaient, ils pourraient créer un monde, car il est écrit : "Tes iniquités ont été une barrière entre toi et ton dieu". En effet Rava a créé un homme et il l'a envoyé à Rabbi Ze'ira. Le Rav lui parla mais l'autre ne répondait pas. Alors il dit : "Tu viens de chez les pieux; retourne à ta poussière". (Traité Sanhedrin, 65b).”

Commentaire :Le pieux peut créer un homme artificiel, mais ne peut pas le douer de parole.[Qu'est-ce qu'un pieux?]. On pourrait dire : le golem de Rava est trop parfait. C'est pourquoi il a le mouvement, et pas la parole. Pour avoir aussi la parole, il faut être animé par des imperfections. C'est ainsi que j'interprète le verset sur les iniquités (Is 59:2) : "Assurément, la main de l'Eternel n'est pas trop courte pour sauver ni son oreille trop dure pour entendre. Mais vos méfaits ont mis une barrière entre vous et votre dieu; vos péchés sont cause qu'il a détourné sa face de vous et cessé de vous écouter. Car vos mains sont souillées de sang, et vos doigts de crimes; vos lèvres débitent le mensonge, votre langue profère l'injustice. Personne n'invoque le bon droit, personne ne plaide avec loyauté; on se fie à l'imposture, on avance des faussetés, on conçoit le mal et on engendre l'iniquité. Ils font éclore des oeufs de basilic et tissent des toiles d'araignées : quiconque mange de leurs oeufs meurt; que l'un d'eux se brise, il en sort une vipère. Leurs tissus ne peuvent fournir de vêtements et leurs ouvrages sont impropres à les couvrir : leurs actes sont des actes d'iniquité, la besogne que font leurs mains est toute de violence." Vos iniquités sont une barrière, et c'est cette barrière qui vous donne vie (âme, souffle).

c) Le traité Sefer Yetsira (Livre de la création). Ici le texte est plus détaillé. Le golem est créé par les mêmes permutations de lettres que la création, par une technique magique complémentaire du talmud.
Ces deux dernières sources ont été combinées par les auteurs du moyen-âge pour la création du golem. C’est la synthèse de deux types de littérature juive ancienne.

d) Rabbi Eleazar de Worms (13ème siècle) est directement relié à ces courants originels. La magie juive est une part vitale de la pensée et de la pratique juive. Il y a création par la langue hébraïque.
Voici le récit tel qu’on le trouve dans le Sefer ha-gematriot, recueil émanant des disciples de R. Juda le Hassid (vers 1230). “Ben Sira crée un homme avec son père Jérémie. L'homme leur dit : "Ne créez plus jamais d'homme de peur que les hommes ne soient induits en erreur à cause de lui, comme cela se passa à la génération d'Enoch". Ils effacent la lettre Aleph de son front et il est réduit en cendres.”En effet, si on enlève le “aleph” de “emet” (vérité), il reste “met” (mort).


Selon une autre tradition, l’homme (c’est-à-dire le golem) effaça lui-même la lettre Aleph avec un couteau car sinon, dit-il, on prendra Jérémie pour un Dieu.
Selon R. Juda le Hassid (retrouvé dans un manuscrit médiéval).
1. Enoch fabriche un golem. Il lui insuffle la vie.
2. Satan en profite pour se mêler à l'entreprise. Il choisit ce moment pour s'insérer dans le golem et :
- le faire se mouvoir.
- entrer dans son image.
J'en déduis que le souffle qui donne la vie (ou l'âme) est divin. Un souffle satanique ne pourrait pas animer la statue. Mais ce souffle divin peut être utilisé de manière idolâtre en manipulant l'image et le mouvement. C'est ce que fait Enoch. [Enoch, comme idolâtre, ne peut qu'introduire involontairement Satan quand il tente d'insuffler la vie au golem].
Le golem-serviteur est celui qui aurait été fabriqué par R. Eliahou de Holm vers 1570. R. Eliahou est le Ba'al ha Chem, le maître du Nom, mort en 1583. Ses descendants ont commenté le thème du Golem. Ses actions ont ensuite été attribuées au Maharal de Prague, R. Yehouda Loew, qui a vécu 2 générations plus tard.
Histoire racontée par R. Jacob Emden, descendant de R. Eliahou de Helm : "Quand le rabbin vit que la créature de ses mains croissait en force et en taille, à cause du Nom divin écrit sur un bout de papier accroché à son cou, R. Eliahou le maître du Nom, craignait qu'elle ne devienne nuisible et destructrice. Il se rendit prestement maître d'elle et il déchira la feuille sur laquelle était le nom et il la détacha de son front et il tomba comme une masse de poussière, mais il fit du mal à son maître en l'égratignant au moment où il prit l'écrit et détacha le nom d'elle".
Citation (chrétienne) la plus ancienne : 1674.

e) Mais elle est aussi liée à l’émergence de la modernité, qu’on peut considérer comme une cinquième source.
Le mythe du Maharal de Prague est une curieuse légende moderne, car on ne trouve pas mention du golem dans les écrits du Maharal. Cette légende est datable du début du 19ème siècle. Elle prétend que les restes du golem seraient conservés dans la synagoge de Prague, ce qui tend à prouver qu'il avait un caractère humain. Explication : transfert de l'oeuvre d'un rabbin polonais moins connu de la même époque (R. .. de Lehm).



Histoire de Rava et son Golem





Je vais te la raconter fidèlement, avec les vrais détails, ceux qui nous ont été transmis par la vraie tradition. L'histoire se passe il y a deux mille ans ou presque, pas dans la Prague renaissante ni dans l’obscurité du Moyen-Age, comme on le prétend souvent; mais bien avant, un peu après la mort de Jésus, vers les années 100 de notre ère. Il y avait un rabbin qui s’appelait Rava. On ignore tout de lui, à part son nom. Il avait réussi, par ruse ou par lucidité, à échapper à l’effroyable carnage de la destruction du second temple (cinq cent mille à un million de morts sous les ordres de Titus!). Ce fut une époque terrible à cause des massacres et parce que les fondements de leur vie semblaient devoir disparaître à jamais. L’empire romain paraissait au faîte de sa puissance, mais les Sages n’étaient pas dupes, ils observaient la décomposition politique, sociale, morale et religieuse, ils savaient que ceux qui leur interdisaient de vivre dans leur propre pays étaient déjà condamnés. Sur quoi, désormais, le monde se fonderait-il? Comment faire pour entamer un nouveau départ? N’était-ce pas seulement eux-mêmes, ce peuple singulier, qui était menacé, mais l’humanité toute entière? Qu’est-ce qui viendrait ensuite? La question était vitale, elle se posait brutalement. Alors cet homme, ce rabbin, Rava, s’est dit qu’il était temps de refabriquer de l’humain. C’était extraordinairement présomptueux, mais il pensait qu’il n’y avait pas d’autre solution. Avec le savoir de son temps, comment pouvait-il s’y prendre pour cela, refabriquer de l’humain? Il se dit qu’il n’y avait qu’une seule solution : la terre sous sa forme la plus courante, l’argile ou la glaise, et pour faire vivre cette terre, cette argile ou cette glaise, les seuls instruments à sa disposition : la voix et la lettre. Il était persuadé qu’aucun autre outil ni matériau que la voix, la lettre et la terre n’était nécessaire pour accomplir l’exploit. Il ne se comparait pas à la puissance de Yhvh : poussière de sol et souffle de vie dans les narines n’étaient pas à sa portée. Mais lui, il avait la voix et la lettre qui lui avaient été légués. Et dans une certaine mesure, mais seulement dans une certaine mesure, il a réussi. Quelles ont été les parts respectives de la terre, de la voix et de la lettre? Nul ne le sait. Peut-être la terre était-elle le matériau, peut-être la lettre était-elle l’ordre, et peut-être la voix était-elle la vie. Mais rien n’est moins sûr. Sur la méthode suivie, nous ne connaissons que deux détails. Le premier est qu’il inscrivit sur le front de la créature le mot “emet”, qui veut dire vérité. Le second détail, c’est que, pour Rava, la principale difficulté ne fut pas la fabrication proprement dite,la principale difficulté fut de lui donner un nom. Il avait beau chercher, il ne trouvait aucun nom assez fort pour exprimer le mystère de l’existence d’un être humain, et par honnêteté, pour ne tromper personne, il décida de nommer golem la créature, ce qui veut dire matière ou masse informe. Le nom disait la vérité, il rendait un son monocorde et vide. Ainsi la créature n’était-elle pas un échec, car elle était conforme à son nom. Quoique parfois plongé dans la lourdeur d'un demi-sommeil, le golem avait l'air d'un être humain. Il remplissait à la perfection les tâches qui lui étaient assignées : celles du serviteur. Jamais il ne rechignait à la tâche, et jamais il ne se plaignait. Donc Rava jugea raisonnable de le garder chez lui. Un jour, une idée lui vint. Il se sentait peut-être un peu coupable, à moins qu’il n’ait voulu tester les capacités de son maître et ami Rabbi Ze'ira, ou encore (ce n’est pas l’hypothèse la moins probable), on peut imaginer qu’il était fier de son oeuvre et qu’il avait envie de la montrer. Bref, Rava présenta la créature à Rabbi Ze’ira, qui l’interrogea. Mais le golem ne répondit pas. Alors Rabbi Ze'ira, sans l’ombre d’une hésitation, retira la lettre (e) du mot inscrit sur le front de la créature, emet. Il ne restait plus que met, la mort, et le golem retourna à la poussière.






1 commentaire:

Yvon Gerault a dit…

la version qu'en donne Gustav Meyrink, dans le roman éponyme mérite d'être citée.

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