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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Tehirou-Rechimou-Qlipa






La Cabale lourianique distingue trois moments dans la création : 
Tsimtsoum (retrait), 
Chevirat hakelim (brisure des vases),
Tiqoun (réparation)







Né à Jérusalem en 1534 et mort à Safed en 1572 à l'âge de 38 ans, Isaac Louria a enseigné à un moment clef de l'histoire d'Israël, quand elle s'est trouvée confrontée à l'expulsion des juifs d'Espagne (1492) et à l'émergence de la pensée moderne. La Cabale ne se posait plus seulement des questions autour du commencement (la Genèse primitive) et de la rédemption individuelle, mais autour de l'exil. Pouvait-il conduire à un salut collectif? Dans la petite ville de Safed, où vivaient à l'époque les plus grands penseurs du judaïsme, une formidable fermentation a renouvelé l'eschatologie et le messianisme. La Cabale de Rabbi Isaac Louria a connu un succès immédiat. Elle distingue trois temps dans la création.
1. Tsimtsoum : Retrait. Dieu ne commence pas par se révéler à l'extérieur de lui-même, mais par se retirer de lui-même, en lui-même. Par cet acte, il laisse au vide une place en son sein. Il se retire de la lumière de l'infini (Ensof) en un point ou loin d'un point. En ce point vide (Tehirou), infinitésimal, où la lumière s'éclipse, il crée un espace pour le monde à venir. Il y abandonne une trace de lumière, un résidu (Rechimou). Pour se manifester, il aura fallu qu'au préalable il se retire, qu'il laisse place à un néant à partir duquel la création est possible.
2. Chevirat Hakelim : Brisure des vases. Un rayon de lumière jaillit dans l'espace vide. Ce rayon en ligne droite s'appelle Adam Qadmon (l'homme primordial). C'est une première figure de la lumière divine. Cette lumière qui jaillit des yeux d'Adam Qadmon est déséquilibrée, excessive, hétérogène. Elle est atomisée et punctiforme (principe de séparation). Tout est désarticulé, imparfait, déficient. Les vases dans lesquels la lumière était contenue se brisent ou tombent. Le rayon éclate en étincelles (Nitsotsot) de sainteté, dont une partie remonte à la source supérieure, tandis que des fragments restent collés aux récipients brisés. Ils sont écartés de leur place propre, en exil. Ce sont les restes (Rechimou) qui tombent dans l'espace vide ou descendent dans le monde. Ils donnent naissance à l'autre côté : la Qlipa (écorce ou coquille).
3. Tiqoun : Réparation. L'homme devient responsable de l'histoire du monde. Il lui revient de briser les écorces qui entourent les étincelles de sainteté (rompre la tyrannie et l'oppression). L'exil de la présence divine (Chekhina) se répète dans l'exil du peuple d'Israël. C'est une épreuve, mais aussi une mission. Il faut ramener les choses à leur place. Le Tiqoun est la restauration de l'ordre intégral, qui ne peut pas se faire d'elle-même. L'histoire de l'homme est l'histoire du Tiqoun : son échec et sa chance. Adam Qadmon aurait du réparer le monde, mais il ne l'a pas fait. A sa place est venu le développement historique, qui doit conduire à l'ère messianique. C'est la mission d'Adam depuis le jardin d'Eden, mais elle est maintenant beaucoup plus difficile.

L'histoire humaine est tiqoun : réparation de la création inachevée

Dans la Cabale de Louria, la brisure des vases (Chevirat hakelim) est le temps d'exil auquel il faut répondre




La Chevirat hakelim (brisure des vases) est le second des trois moments de la création du monde, telle que décrite par Isaac Louria. Dieu s'est retiré (Tsimtsoum = premier moment) hors de lui-même, exilé vers un vide (Tehirou). Mais il reste dans ce vide primordial un résidu de lumière (Rechimou). La voici qui jaillit, en ligne droite. C'est un acte de révélation, de déploiement, qui met à l'épreuve les vases solides dans lesquels la lumière était contenue - qui sont aussi les 10 sefirot. Les 3 premiers vases résistent, mais pour les 6 suivants l'impact est trop fort. Ils se brisent, ils éclatent. La même chose, mais dans une mesure moindre, se produit pour la dernière sefira.
Une tension perpétuelle se met en place. Chaque déploiement se fait en deux temps : concentration-rétraction (la lumière revient) / émanation-manifestation (la lumière jaillit). L'acte de limitation précède toujours l'acte de révélation. Les rayons de lumière sont hétérogènes. Ils se séparent, s'atomisent, se divisent en étincelles dites "étincelles de sainteté", laissent des traces (rechimou). Collées aux fragments de vases, les étincelles donnent naissance à la Qlipa : l'écorce, ou coquille, ou Autre Côté. Toutes les choses sont ailleurs, exilées de leur place propre. Les Qlipot (pluriel de Qlipa) sont les forces obscures de la tyrannie et du mal, qui entretiennent un déplacement, une désarticulation, que l'homme pourra peut-être réparer un jour (Tiqoun = troisième moment de la création). Mais en attendant, il doit vivre avec le silence des questions sans réponse. C'est ainsi qu'il écrit et qu'il lit des livres, dans le démembrement plutôt que dans l'unification.

La brisure des vases est la cause de la déficience intérieure inhérente à tout ce qui existe. Dès l'origine de l'univers, la Présence divine est exilée. C'est un sentiment de déréliction familier à la modernité, et aussi un exil ontologique, primitif et essentiel. Nous vivons encore parmi ces restes ou cette restance.

La première figure de la lumière divine est Adam Qadmon : l'homme primitif, dépourvu de subjectivité. Il est la première manifestation de l'être. La lumière jaillit de ses yeux de tous côtés, atomisée et punctiforme (Olam haneqoudim)
.
Selon Isaac Louria et d'autres contemporains qui avaient vécu l'expulsion des juifs d'Espagne, l'exil du peuple d'Israël est une répétition de l'exil primordial - ainsi cette catastrophe peut-elle sembler explicable.

La présence divine est en exil dès l'origine de l'univers
Le vide (halal) n'est pas complètement vide, car il y a en lui une trace de lumière (rechimou)
Le livre est dans la position du nom de Dieu : il ne peut être lu qu'éclaté, démembré, dans sa brisure et non pas dans sa restauration

Un Rechimou, résidu de lumière divine, reste dans l'espace dont dieu s'est retiré



Selon Louria, même après le Tsimtsoum, l'espace primordial, bien qu'en dehors de dieu, n'est pas complètement vide de lumière (présence) divine, car il y a ce Rechimou, un mot qu'on peut traduire par "trace".
Il le compare au résidu de l'huile ou du vin dans une bouteille dont on a vidé le contenu.

Le vide (halal) n'est pas complètement vide, car il y a en lui une trace de lumière (rechimou)





Rechimou est un mot araméen. En hébreu, le mot correspondant est rochem.
Le rechimou est une trace des étapes du vide dans la création. Ces étapes ne sont ni égales, ni neutres, ni homogènes.
Quand le rayon repénètre (2ème tsimtsoum), il s'irradie dans les niveaux du vide en sphères (sefirot). Les sefirot sont la racine du monde de la nature, l'être impersonnel du monde.
idixa


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