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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Rouah - Souffle



L'âme -Kwun Sun Cheolorange.fr


Les mots hébraïques du souffle et de la vie



Monique Lise COHEN



Et le souffle/esprit (ROUAH) de Dieu (ELOHIM) planait sur la face des eaux (Genèse 1, 2)
L'Eternel (YHWH)-Dieu (ELOHIM) façonna (VAYYITSER) l'homme, poussière extraite de la terre, il fit pénétrer dans ses narines un souffle (NECHAMA) de vie, et l'homme devint un(e) animal/individualité/âme vivant(e) (NEFESH HAYA) (Genèse 2, 7)
Et l'Eternel (YHWH) dit : Mon souffle/esprit (ROUAH) ne restera dans l'homme pour toujours, dans leur erreur, il est chair (BASSAR)(Genèse 6, 3)
Et moi, je vais amener sur la terre le déluge des eaux pour détruire toute chair (BASSAR) qui a en elle un souffle/esprit (ROUAH) de vie(Genèse 6, 17)
Tout ce qui était animé du souffle (NECHAMA-ROUAH) de vie dans ses narines, de ce qui est sur le sol, périt (Genèse 7, 22)
Dieu (ELOHIM) fit passer un souffle (ROUAH) sur la terre, et les eaux se calmèrent (Genèse 8, 1)
Seulement la chair (BASSAR) dans son âme/individualité (NEFESH), dans son sang, vous ne mangerez pas. Seulement votre sang qui fait votre âme/individualité (NEFESH), je le redemanderai à tout vivant… (Genèse 9, 4-5)
… en six jours l'Eternel (YHWH) a fait le ciel et la terre, et le septième jour il a chômé (SHABBAT) et il s'est reposé (NEFESH) (Exode 31, 17)
A cette vue, je tombai sur ma face et j'entendis une voix qui me parlait. Elle me dit : " Fils de l'homme, dresse-toi sur tes pieds, que je te parle. Et un souffle/esprit (ROUAH) vint en moi lorsqu'elle m'eut parlé et me dressa debout sur mes pieds, et j'entendis celui qui s'entretenait avec moi. Il me dit : " Fils de l'homme, je t'envoie vers les enfants d'Israël… " (Ezéchiel 1, 28 et 2, 1-3)
Que tout ce qui respire (NECHAMA) loue le Seigneur (YH), Allelou-Ya ! (Psaume 150, 6)
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Nous voyons ainsi qu'en hébreu trois mots disent le souffle et sont associés à la vie :
 ROUAH - NEFESH - NECHAMA (selon leur ordre d'apparition dans la Bible)
NEFESH (subst. m et/ou f.), du verbe NFSH : reprendre haleine, respirer après le travail, se reposer
ROUAH (subst. f), du verbe RIAH : aspirer, respirer, sentir, reprendre ses esprits
NECHAMA (subst. f.), du verbe NCHM : souffler, respirer, haleter

Les traductions ont dessiné une conceptualité qui souvent oblitère le sens originel hébraïque :
NEFESH (hébreu) / PSUKE (grec) / ANIMA (latin) / AME (français)
ROUAH (hébreu) / PNEUMA et NOOS (grec) / SPIRITUS (latin) / ESPRIT (français)
NECHAMA (hébreu) / PNOE (grec) / SPIRACULUM, HABITUSSPIRITUS (latin) / AME (français) 

Adam, le souffle et le sang

Ces trois notions manifestent les trois stases de la respiration. Il semble d'après ces significations recherchées dans le Dictionnaire Hébreu-Français de Sender et Trenel (Ed. Slatkine, 1982) et dans le Dictionnaire des racines hébraïques (Abbaye ND de St-Remy, Rochefort en Belgique, 1989) que la ROUAH soit liée à l'inspiration et la NECHAMA à l'expiration, même si les deux mots signifient de façon large la respiration.
La NEFESH paraît synonyme du SHABBAT (Ex. 31, 17), c'est-à-dire du repos ou de l'arrêt. Beaucoup de textes bibliques précisent que la NEFESH réside dans le sang. Or le sang est le lieu des échanges respiratoires. On pourrait dire alors que la NEFESH est l'unité d'une personne, d'une individualité, dans son sang. La NEFESH maintient cette unité vivante dans l'alternance de l'inspiration et de l'expiration, évitant ainsi une sorte d'explosion entre l'inspire et l'expire. Il maintient, dans le sang, cette alternance comme non contradictoire. On parle ainsi de NEFESH pour toutes les créatures du sixième jour, les animaux de la terre et l'homme.
Ainsi la NEFESH (psuké, anima, âme) ne désigne pas une substance spirituelle étrangère à la matière comme c'était le cas dans les théories dualistes platoniciennes et cartésiennes. Mais en tant que synonyme de chair (BASSAR), le NEFESH définit une personne vivante. Les analyses remarquables de Claude Tresmontant, dans toute son oeuvre (republiée aujourd'hui chez François-Xavier de Guibert) et particulièrement dans Le problème de l'âme (Ed. du Seuil, 1971) manifestent le lien entre l'anthropologie hébraïque et la philosophie d'Aristote. Une âme n'est pas une substance qui descend dans un corps, mais au sens hébraïque, c'est un être nouveau qui naît, une créature.


Le triple souffle d'Adam

Selon des enseignements de Jean Zacklad, nous sommes ces trois dimensions du souffle.
NEFESH : l'appartenance au règne de vivants. Elle réside dans le sang et s'applique ainsi aux hommes et aux animaux. Selon la tradition de la cabale, elle désigne la bouche et le monde de l'action.
Haïm Zafrani la définit comme la puissance à partir de laquelle le corps s'est édifié. Rappelons qu'en hébreu le mot " corps " (GOUF) désigne le cadavre. La NEFESH est liée à la vie.
ROUAH : la proximité de Son Non (le Nom divin). Elle permet de s'orienter selon deux pôles, le monde de l'action où existe la NEFESHet le monde de l'émanation qui précède le monde de la création. Elle est une zone médiane de circulation entre l'Infini (où s'origine laNECHAMA) et notre incarnation (NEFESH). Nous sortons à nouveau des concepts dualistes.
Elle est liée au nez, à l'odorat, et au monde de la formation, qui est le monde par où se transmet la vie.
Haïm Zafrani dit qu'elle est le souffle qui émane de l'éveil de la féminité.
NECHAMA : elle n'est pas isolable de la dimension de l'Infini. Elle représente la possibilité de fonder un point de vue. Elle désigne le monde de la création, la réalité native et l'oreille (car c'est l'écoute qui permet de fonder un point de vue).
Haïm Zafrani dit qu'elle est issue de la puissance de la masculinité et du mystère de l'Arbre de Vie. 

Approche d'une pensée hébraïque de la vie

Moïse de Léon, l'illustre cabaliste du XIIIème siècle, à qui l'on attribue la rédaction du ZOHAR, écrit dans Le sicle du Sanctuaire (Ed. Verdier, 1996) : " Au vrai, l'homme qui est dans ce monde-ci n'est pas homme, sauf lorsque se joignent trois choses en une même conjonction pour qu'il soit conforme au modèle de l'Homme, et ce sont NEFESH, ROUAH et NECHAMA (personne, souffle, âme). Or en réalité, par ces trois, il est appelé homme, complet et parfait, semblable au modèle d'en haut selon le secret des trois degrés qui sont joints ensemble, eux qui sont la " ressemblance de l'homme "… La NEFESH est une puissance qui reste avec le corps… La ROUAH pour sa part s'en va et entre dans le jardin d'Eden terrestre… Quant à la NECHAMA, elle s'élève dans les hauteurs, et se délecte du secret de la Vie du Monde à Venir, de cette Vie qui jaillit du Monde à venir, et toute chose retourne à son fondement, car le Fleuve d'où vient la NECHAMA est bien sûr l'Arbre de la vie. " (pp. 133-138)
Le mot " vie ", en hébreu, se dit toujours au pluriel, HAÏM, et s'exprime souvent à l'état construit, c'est-à-dire au génitif. Le texte biblique évoque la vie de la NEFESH, la vie de telle personne, etc. Il n'y a que pour Dieu que le mot " vie " se dit au singulier : HAY. Il est ainsi nommé : le Vivant des mondes.
Le texte de Moïse de Léon illustre bien cette problématique de la vie. Il y a cette vie-ci et la vie du monde à venir. Mais encore une fois la dualité de la vie exprimée par le pluriel HAÏM n'est pas un dualisme qui se dirait par exemple comme la vie de l'esprit opposée à la vie biologique. Lorsque la tradition juive parle de " ce monde-ci " (OLAM HAZE) et du " monde qui vient " (OLAM HABA), elle ne décrit pas l'ici-bas et l'au-delà ; mais l'indication du OLAM HABA, le " monde qui vient ", manifeste l'avancée de ce monde à venir dans ce monde-ci. Une nouveauté qui s'enracine dans ce monde, au sens où peut-être Bergson parlait d'une " imprévisible nouveauté " dansL'évolution créatrice.
Si la vie n'est ni biologique ni spirituelle, comment en parler ? Que nous enseigne la Bible ? 

Un souffle qui parle

Le texte de la Bible nous enseigne : " L'Eternel (YHWH)-Dieu (ELOHIM) façonna (VAYYITSER) l'homme, poussière extraite de la terre, il fit pénétrer dans ses narines un souffle (NECHAMA) de vie, et l'homme devint un(e) animal/individualité/âme vivant(e) (NEFESH HAYA) " (Genèse 2, 7)
L'homme n'est pas fait de terre ou de la matière même du sol, mais comme le dit très explicitement le texte biblique, de poussière détachée ou extraite du sol. Paul Nothomb (L'imagination captive : Essai sur l'homme immortel. Ed. de La Différence,1994) fait remarquer que, dans le texte de la Genèse, ce sont les animaux qui sont faits de terre (Genèse 2, 19) et non pas l'homme. La différence, dit-il, entre la poussière et la terre, est que cette dernière est compacte et obscure alors que la poussière laisse passer la lumière. L'homme serait ainsi formé de poussière, de lumière et de souffle. Il est " un souffle qui parle " (ROUAH MEMALELA), selon la traduction classique araméenne par le prosélyte Onkelos, de l'expression " une personne/individualité/âme vivante " (NEFESH HAYA).
La ROUAH liée ici à la parole montre bien sa différence avec le NOOS grec, l'esprit spirituel dans sa différence avec la matière, et qui n'inclut jamais cette dimension de la parole. La ROUAH (esprit /souffle/ parole) est ce qui inspire le prophète, comme en témoigne Ezéchiel : " Et un souffle/esprit (ROUAH) vint en moi lorsqu'elle m'eut parlé et me dressa debout sur mes pieds, et j'entendis celui qui s'entretenait avec moi. Il me dit : " Fils de l'homme, je t'envoie vers les enfants d'Israël… " (Ezéchiel 1, 28 et 2, 1-3)
L'homme (ADAM) est ce composé de poussière et de souffle qui s'incarne dans la chair (NEFESH ou BASSAR. Il est à ce titre un "souffle qui parle ". 

Les lettres de Son Nom : la source de la vie

Qu'est-ce que la parole ? Le texte biblique nomme la révélation de façon tout à fait énigmatique : " Et tout le peuple assemblé voient les voix " (Exode 20, 15). Cette vision paradoxale où l'on voit ce que normalement on entend, est dite au pluriel. L'expérience est collective et absolument singulière à la fois. L'Un n'englobe pas le réel comme une totalité. Il se dit dans les singularités. Comme chaque fois une nouveauté. Un singulier pluriel.
La vision des voix évoque la structure de l'écriture hébraïque où les voyelles ne sont pas des lettres. Les voyelles invisibles sont le souffle ou l'âme du texte par où il advient à la lecture et à l'écriture. La tradition a fixé un usage des voyelles dans la lecture liturgique. Mais d'autres lectures sont possibles, celles qui suscitent l'infinité des commentaires. Oralité comme possibilité d'écrire de nouveaux textes.
Quelles sont ces voix ou ces voyelles ? Commentant la révélation du Nom divin à Moïse (Exode 3, 14-15), Elie Munk (La Voix de la Thora. Fondation S. et O. Lévy, 1981) écrit : " Les lettres du Tétragramme, yod, hé et vav ainsi que la lettre aleph sont des consonnes vocaliques qui rendent possible la parole et servent de signes phonétiques à toutes les consonnes ; celles-ci ne peuvent être articulées sans qu'elles soient associées à l'une d'entre elles, puisque les voyelles leur sont subordonnées. Elles constituent ainsi l'âme qui anime le corps de l'alphabet, à l'image du nom de Dieu qui communique la force vitale à toutes les sphères cosmiques. En outre, ajoute Ibn Ezra, les quatre lettres aleph-hé-yod-hé et hé-vav-yod sont formées de sons aspirés et elles ne s'articulent que dans un souffle. Elles ne sont qu'une haleine et elles représentent ainsi le caractère immatériel des forces initiales qui furent à l'origine de la création et de l'existence. Ces noms sacrés nous mènent ainsi jusqu'aux sources mêmes de la vie ".
Juda Halevi (Le Livre du Kuzari) écrivait également : " Ce nom (le Nom Tétragramme : YHWH) nous est propre, puisque nul autre peuple que nous, n'est pénétré de la nature. C'est un nom propre qui ne prend pas d'article, tandis que le nom d'Elohim en admet un, puisque l'on peut dire " haélohim ". La possession de ce nom est un des privilèges par lesquels nous avons été distingués. Le sens caché de ce nom nous échappe ; quant aux lettres qui le composent, elles ont la propriété d'être vocaliques. Or ce sont les lettres vocaliques aleph, hé, vav et yod qui déterminent la prononciation de toutes les consonnes ; puisqu'on ne peut prononcer aucune consonne sans la présence des lettres vocaliques : " a " étant la fonction de l'aleph et du hé, " u " celle du vav, " i " celle du yod. Elles constituent donc pour ainsi dire les esprits parmi les lettres, tandis que les autres sont les corps. " *
Dirions-nous alors que les lettres de Son Nom, les consonnes vocaliques, les voyelles, sont la suture de notre vie ? 
Note * :
Selon la tradition juive et hébraïque, le Nom divin connu par Adam dans le jardin d'Eden, a été oublié lorsque l'humanité est devenue idolâtre. Il est révélé à nouveau à Moïse lors de l'épisode du buisson ardent (Exode 3, 14). Deux Noms lui sont révélés : EHIE (Je serai) et YHWH (le Tétragramme imprononçable) ; et ces deux Noms divins comportent l'ensemble des consonnes vocaliques, c'est-à-dire des voyelles. Il n'y a pas là de mystère, car les voyelles sont communes à toutes les langues. La puissance de vie de ce Nom est la fin de toute idolâtrie et la source de notre vie ainsi que de l'exigence dans notre effort de parole.
Les textes, en particulier la prophétie de Zacharie, disent que ce Nom, est en réserve pour toute l'humanité.



h'ayah et yéh'idah


Ces trois aspects de l'âme ne sont que des "couleurs" donnant à l'être humain créé son identité et sa spécificité, l'âme étant une et indivisible. En fait, il y a des liens étroits entre ces trois nuances. Néfesh supporte et nourrit le corps, comme une mère porte son bébé: elle constitue un piédestal, un trône sur lequel s'appuie rouah', l'esprit inférieur, qui, lui-même, reçoit l'esprit supérieur néshamah. Inversement si néshamah qui est destinée à briller et à resplendir au Paradis, n'y parvient pas, rouah' reste terne et ne peut animer sa base, qui à son tour, erre sans but.

Le jugement divin, sanction ou rétribution, ne concerne que les deux aspects inférieurs de l'âme, nefesh et rouah'. A la mort, néshamah rejoint sa demeure d'origine, mais ne commence à briller que lorsque les autres aspects ont terminé leur parcours, migration, purification ou châtiment…

Ces trois aspects de l'âme trouvent leur image à travers les attributs divins (séfirot) rassemblés sur l'Arbre de Vie. Néfesh se situe dans le Royaume ou malkhout qui est le monde actuel (o'lam hazé), rouah' dans l'attribut central Beauté ou tifeéret qui est le cœur du monde intermédiaire, néshamah est dans l'attribut du Discernement ou binah, qui est le monde à venir (o'lam haba).

Il y a deux autres niveaux supérieurs de l'âme qui sont attachés à des attributs supérieurs et qui ne prennent leur coloration qu'après la mort: "h'ayah", la vivante, appartient à la Sagesse ou h'okhmah et "yéh'idah", l'âme unitaire, qui est déjà dans Couronne ou kéter, antichambre du monde divin.

Ces nuances de l'âme sont parallèles aux catégories d'anges qui surgissent dans la vision d'Ezéchiel (chap 1): les roues ou "galgalim" en bas, les créatures saintes ou "haïot haqodesh" au centre, les archanges qui se déploient autour du "Trône de Gloire", vers le haut.

Métempsychose, transmigration et réincarnation sont des termes semblables pour signifier qu'une âme qui a déjà fait une vie dans un corps passe à un autre corps pour recommencer.
Métempsychose est le terme savant, transmigration est le terme courant, réincarnation est le mot populaire et magique qui étend des notions liées à la spiritualité, particulières et élitistes, à tout et à n'importe quoi.
soued.chez.com

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