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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Le nombre pi (ou π)





"Il fit la mer de fonte. Elle avait dix coudées d'un bord à l'autre,une forme entièrement ronde, cinq coudées de hauteur, et une circonférence que mesurait un cordon de trente coudées" (1R 7,23)

Il semble résulter à l’évidence de ce verset, qui concerne la fabrication des ustensiles du Temple, que le rapport « circonférence/diamètre », appelé communément « pi », est exactement de 3. 

Une lecture plus attentive du texte nous permettra cependant de découvrir la valeur réelle de ce rapport. 


Si l'on prend. en compte. la valeur numérique des lettres, une clé spécifique à ce verset dévoile la valeur réelle de PI. En effet, concernant ce verset selon la tradition et les annotations portées en marge du texte Biblique original, il faut prononcer le mot "circonférence", dans sa version hébraïque , " Kri " alors qu'il s'écrit "Ktiv".

Je dois ouvrir ici une parenthèse : le Kri est en fait le "qéré" et le Ktiv est le "kethiv" (ou kethibh). Ces mots désignent, respectivement, ce qui est lu, et ce qui est écrit. En général, évidemment, on lit ce qui est écrit,
comme c'est écrit, mais il y a des exceptions. C'est surtout le cas lorsqu'il s'agit de prononcer le nom de Dieu, à savoir le tétragramme IHVH.
On le lit généralement Elohim ou Adonaï.
Mais il y a dans la Torah quelques fautes d'orthographe, que les générations de scribes ont bien évidemment recopiées sans les corriger. Il va de soi que quand une faute d'orthographe se glisse dans le texte, c'est qu'il y a une bonne raison.
Quand le texte contient une faute, on ne lit pas le kethiv, on regarde dans la marge, ou au dessus du mot, et on lit le mot indiqué, le qéré.
Dans le texte qui nous occupe, 1 Rois 7,23, le mot "qw" ("cordon") est mal orthographié dans la phrase "et une circonférence que mesurait un cordon de trente coudées". Il est écrit "qwh" (je passe sur les voyelles, qui ne comptent pas en guématrie).
qw = qof (100) + waw (6) =106
qwh = qof (100) + waw (6) + hé (5) =111


Et la valeur numérique de ces deux mots (5 + 6 + 100) et (6 + 100) dans leur contexte Hébraïque donne respectivement 111 et 106. Ce qui permet, par rapprochement, d'écrire l'équivalence:
PI/3 = 111/106
on obtient:
 PI = 3 x 111/106 = 3,1415

REMARQUE 1
L'erreur est de 0,0083 % par rapport à la valeur exacte de pi.
Ca n'est pas énorme, mais c'est quand même beaucoup trop pour un texte parfait.
Seulement, la valeur numérique d'un mot en hébreu, est forcément un nombre entier. Donc, si l'Auteur du texte avait choisi un autre qéré, les solutions alternatives les plus proches auraient donné 110 ou 112.
 Soit 2,84% d'erreur ou 2,82% d'erreur.
Le qéré du texte est donc ce qui pouvait être choisi de plus parfait.

Coïncidence ?


REMARQUE 2
Il n’est pas possible d’imaginer que les Sages de la Michna aient pu ne pas connaître les travaux d’Archimède, qui avait calculé trois siècles avant eux la valeur de pi comme étant 3,14, ou ceux de leur contemporain Héron d’Alexandrie qui en avait poussé la précision jusqu’à 3,14159. 

Il ne semble cependant pas qu’ils aient attaché d’importance à l’inexactitude apparente des nombres rationnels dans le Tenakh , comme c’est le cas pour pi ou pour la racine carrée de 2, donnée pour 1,4. 

Dans son commentaire sur la Michna (‘ Erouvine 1, 5 et 2, 5), Rambam explique ce désintérêt apparent par l’impossibilité de déterminer la valeur exacte de ces nombres irrationnels. L’ajout continuel de chiffres après la virgule ne fera jamais que rapprocher de cette valeur, mais sans jamais l’atteindre dans toute son exactitude. 

Voilà pourquoi nos Sages, explique le Roch ( Tossafoth ha - Roch ad  Erouvine 14a), ont préféré utiliser le nombre 3 comme valeur de pi . Même s’il saute aux yeux que sa valeur est sensiblement supérieure, ils ont choisi cette approximation afin de faciliter sa compréhension par leurs étudiants. 

Nos commentateurs savaient pourtant parfaitement que ces approximations étaient inexactes (voir notamment Tossafoth ad  Erouvine 57a, . . kama merouba ). 

Quant à concilier ces approximations avec la précision rigoureuse exigée par la halakha , beaucoup considèrent que celle-ci n’exige pas une telle méticulosité (voir notamment Maharal , Gour Aryè ad  Erouvine 14a ; ‘ Aroukh ha - choul  han Ora   hayyim 32, 75, etc.). 

Pour d’autres, comme le Michna beroura ( Cha  ar ha - tsiyon 372, 18), on a le droit de se contenter de cet « à-peu-près » lorsqu’il s’agit de commandements d’origine rabbinique, comme c’est le cas du te  houm Chabbath , que la halakha tient pour tel. Ils considèrent que les Sages, lorsqu’ils ont édicté ces commandements, ont estimé n’avoir pas à rechercher une plus grande exactitude. 

D’autres enfin, comme le Tachbetz , recherchent pour fixer la halakha , que ce soit pour des commandements fixés par la Tora ou par les rabbins, une exactitude extrême dépassant cette approximation. 


Jacques Kohn (techouvot)




D autre part
Leon Yéhouda Askenazi (Manitou) dans une conférence sur "le cercle et la droite, transcendance et immanence" explique que Pi représente le mystère entre le cercle et la droite. Entre les sfirot de Igoulim (cercles) et le kav la droite (développé dans mes textes sur les sfirotes) . Le cercle c'est l'impersonnel, le droite c'est l'être de l'homme. Le rayon droit prend en charge cette "brisure" pour lui donner une forme humaine. Dans l'impersonnel c'est le chaos, c'est l'identité humaine qui sauve le monde.
Yéhouda Askenazi explique que le nom de D' CH-AD-AÏ qui veut dire "assez ça suffit" c'est le nom de D' auto - limitant qui empêche l'infini de réinvestir le hallal (l'espace vide). Il nous fait remarquer que ce nom de D' en guématria , c'est à dire en faisant le calcul suivant la valeur de chaque lettre
Donne 314: chin=300 dalet=4 iod=10 soit au total 314.




La Ménora.


La ménora de Jéricho  l'une des plus anciennes représentations de la ménora du Temple. 


Aaron doit elever les lumières de la Ménora. 


Ceci fait suite à la description des offrandes des 12 princes lors de l’inauguration du Michkan. 
Rachi explique cette succession : Aaron était triste de ne pas avoir participé lui et sa tribu à l’inauguration du Michkan, Hachem lui dit alors que sa part sera plus grande que celle des princes, car c’est lui qui va arranger et allumer les lumières de la Ménora.
On sait que les 12 princes représentent les 12 mois de l’année, chaque mois ayant sa combinaison du Tétragramme ; mais dans une année embolismique - Méhouberet de 13 mois, le 13ème mois correspond à la tribu de Lévi qui engloge en lui les 12 combinaisons et donc, le mois de Adar II a une supériorité sur tous les autres mois.


Le Bené Issa’har dans sa Discours de Roch ‘Hodech nous rapporte un enseignement du Arizal : il faut avoir la Kavana de la combinaison du Tétragramme en rapport avec le mois dans Moussaf de Roch ‘Hodesh lorsque l’on dit : « Béni soit Hachem qui sanctifie Israël et les nouveaux mois ». Il explique ainsi les mots de Sages « Pourquoi Israël prie-t-il et n’est pas exaucé ? Parce qu’ils ne savent pas prier avec le Nom. Le fait qu’ils ne connaissent pas la combinaison du Tétragramme qui domine le mois est à l’origine de ce manque ! 
Or il existe 12 combinaisons possibles. Que lit-on les années embolismiques au mois d’Adar Chéni ? Il faut avoir alors la Kavana des 12 combinaisons des 12 mois précédents ! Le 13ème mois, celui de la tribu de Lévi englobe bien les 12 mois précédents ! »
De même Aaron (de la tribu de lévi), lorsqu’il élève les 7 lumières de la Ménora, il élève les 7catégories de Juifs selon leurs qualités- Midot, il est donc au dessus-d’eux. C’est pourquoi la paracha de la Ménora fait suite aux offrandes des 12 princes car elle leur est supérieure et les englobe.


La Ménora était faite d ’une pièce en or מקשה , pour nous apprendre que cela était difficile נתקשהà comprendre pour Moché.


Les sages ont expliqué que choses furent difficiles à concevoir pour Moché jusqu’à ce que Hachem eut besoin de les lui montrer du doigt. Ce sont : 


la Ménora מ נורה , les sacrifices ק רבן , le Chekelש קל et le renouvellement de la Lune ה ירח . On retrouve dans les initiales de ces éléments le mot Mikcha. (Rabéinou Be’hayé)
D’autres explique que ce qui était difficile pour Moché c’était de comprendre pourquoi la Royauté d’Israël (allusionnée par la Ménora et la Lune) ne pouvait tenir plus de 30 générations. La cause en est la profanation de la Tora qui fut écrite du doigt de D.


Moché était désolé de savoir que sa nation sainte serait éparpillée sans berger sans chercheur et sans demandeur. Hachem lui dit alors de regarder comment la lune se renouvelle, car il en sera de même pour la Royauté d’Israël qui se renouvellera au temps de Machia’h, par le mérite de la Tora, de la Tsédaka et de la Techouva que fera Israël. 
Le ‘Hafets ‘Haim explique que c’est par la faute deBitoul Tora que le joug des peuples sera sur Israël.
Dans la Tora, Hachem ordonne fois la fabrication de la Ménora : dans les parachiot Trouma ,Tetsavé (30. 8), Emor et Béhaalotkha , ceci correspond aux lettres du Tétragramme et aux 4visions qu’a eu Moché. 


Ainsi dans la parachat Trouma , il est dit : « conformément à tout ce que Je te montre , au modèle du Michkan et au modèle de tous les ustensiles, ainsi vous l’exécuterez ». La Ménora est décrite dans sa généralité avec les autres ustensiles du Michkan.
Puis Moché vit la Ménora avec l’ange Michaël. Ainsi dans la parachat Tétsavé (28. 1), il est dit : « Et toi, fais approcher de toi Aaron, ton frère pour Me servir », Aaron, qui sert au milieu des Bnei Israël, est en bas à l’image de l’ange Michaël qui sert en Haut.


Dans la parachat Emor , la vision de Moché est celle de la disposition de la Ménora au Sud face à la Table au Nord. (Vaykra 24 vers 1 à 4)
Dans la parachat Béhaalotkha , il est dit : « D’après la forme qu’Hachem avait indiqué à Moché, il avait fabriqué le candélabre ».


Dans cette paracha les premiers versets parlent de la Ménora. Le mot Ménora est écrit fois, 2fois plein ( avec un vav) ce qui correspond aux mondes supérieurs de Atsilout י - Bria ה et fois Ménora est écrit sans vav, ce qui correspond aux mondes de Yétsira ו - Assia ה . Ceci correspond au fait qu’il est dit 2 fois Daber (parler) et 2 fois Lémor (dire): « Hachem parla à Moché en disant :parle à Aaron et tu lui diras »


La Ménora et ses allusions



On sait que 6 Nérot de la Ménora étaient dirigées vers la lumière centrale. La tige centrale représente le ו du Tétragramme, alors que les tiges de part et d’autre de la tige centrale représentent les barres formant le ה initial et le ה final du Tétragramme; les 7 tiges ont pour guématria 42 (car chaque tige représente un ו de valeur ). Le nombre 42 s’écrit מב et si on lui ajoute un י qui est représenté par la lumière du candélabre, on obtient le mot Yiboum- Lévirat 
Dans la Ménora est gravé le secret du Lévirat et de la ‘Halitsa. D’après le Mégalé Hamoukot (Yiboum : lorsqu’un homme marié meurt sans enfant , sa femme est automatiquement mariée au frère de cet homme.
‘Halitsa : lorsqu’un homme ne veut pas être marié à la femme de son frère décédé sans enfant, il procède au déchaussement ou ‘Halitsa).


Bien que la Avoda de l’allumage cessa avec la destruction du Temple, nous allumons les Nérot de ‘Hanouca pendant jours en souvenir de la Ménora. On remarquera que le chapitre sur la Ménora dans Béhaalotkha est le 8ème du Sefer Bamidbar.


Bien que la Ménora soit d’un seul bloc, elle comportait branches, fleurs, 11 pommeaux et 22coupes, elle faisait 18 Tefa’him de hauteur.


Ces chiffres sont allusionnés dans le premier verset de chacun des ‘Houmachim : le premier verset de Béréchit comporte mots comme les branches de la Ménora ; celui de Chémot comporte mots comme le nombre de fleurs, le premier verset de Vayikra comporte 11 mots comme le nombre de boutons, celui de Bamidbar comporte 17 mots plus 1 pour le Kolel, ce qui correspond à la taille de la Ménora et le premier verset de Devarim comporte 22 mots comme le nombre de coupes. 


La Ménora ressemble à la Tora car toutes deux illuminent.
Et chaque Ner- lumière fait allusion à l’âme de l’homme.
Les différentes parties de la Ménora et leur nombre font allusion à de nombreux éléments :


- Les branches font référence aux jours de la création du monde, aux étoiles, aux jours qui suivent la ‘Houpa etc…


- La tige centrale entourée de 3 tiges de part et d’autre, fait allusion au Chabat qui bénit les jours de la semaine qui le précède et les jours qui le suivent


- Les 11 pommeaux correspondent aux 11 parfums du Kétoret (encens) et les fleurs correspondent aux 9 Sphirot qui fleurissent et sortent de la sphère de Kéter


- Les 22 coupes font allusion aux 22 lettres de l’Alef-Beth composées de obliques, 12 simples et 3mères


Dans l’univers ceci est en relation avec les étoiles, les 12 Mazalot- signes et les fondements : feu, eau, air.


Chez l’homme les organes fondamentaux sont : le cerveau, le cœur, le foie (en hébreu les initiales forment le mot e l e kh ), il possède orifices, et il a 12 comportements


Le nombre 22 correspond à tous les canaux qui existent dans le monde, c’est pouquoi la Chekhina ne pouvait reposer qu’au moins sur 22 .000 personnes dans une Tribu, et la Tribu de Lévi était composée de 22 .000 hommes. La Ménora est le secret de la Merkava-du Char Divin.


- La hauteur de la Ménora , 18 Tefa’him, se trouve allusionnée dans le mot « Et voici וזה la confection de la Ménora » « et voici » a pour guématria 18 


La parachat Béhaalotkha est coupée en parties, en effet elle possède, entre 2 Nouns renversés, un Sefer entier formé de versets eux-mêmes composés de 19 mots : « Vayehi Binsoa Aron…Lorsque se déplaçait l’Arche …», le premier verset est récité avant chaque lecture de la Tora


Bien que la Tora soit constituée de livres, elle en contient , ceci est en relation avec le nombre des branches de la Ménora. C’est pourquoi le matin, le Cohen préparait tout d’abord Nérot, puis on procédait au sacrifice du matin, le Tamid, ensuite, le Cohen préparait les autres Nérot qui se trouvaient à l’Est et il n’allumait la Ménora que le soir. ( הטבת la préparation consistait à enlever les déchets, la cendre qui se trouvait dans chaque coupe, puis mettre une nouvelle huile et une nouvelle mèche).


Dans la parachat Tetsavé 30 . 7, il est écrit fois Baboker : « Chaque matin – Baboker Baboker – lorsqu’il arrangera les lampes » pour marquer cette préparation en 2 temps .


De la même manière, Hachem nous a donné ‘Houmachim par l’intermédiaire de Moché, Il nous donnera nouveaux livres au temps de Machia’h par son intermédiaire. Ceci se marque dans la Tora par l’interruption que provoque le passage « Vayehi Binsoa Aron ».


Pourquoi y a t-il 2 Nouns renversés ? C’est afin de renverser la Midat Hadin , l’Attribut de sévérité en Miséricorde , qu’Israël monte de niveau et que les peuples descendent. Afin que les Nouns dua’hach (du serpent) et du Sata n soient brisés et que Machia’h vienne .


Lorsque l’on brise la lettre Noun, on obtient les lettres « Mi » qui se trouvent dans le nom Machia’h משיח נ = מי = 50
Le fait d’élever les Nérot de la Ménora, allusionne le fait d’élever les étincelles de Sainteté qui sont tombées dans les Klipot, ces étincelles sont au nombre de 11 , 4 sont du niveau du père et de la mère et 7 sont les 7 Midot . Grâce à notre Tefila, chaque jour nous faisons le tri des Midot et nous les élevons jusqu’au niveau de Nokva d’Atsilout (niveau du lien entre le Père- Atsilout et la Mère- Nokva).


Ceci se voit dans les initiales de « Tu éléveras les Nérot vis à vis de la face de la Ménora » בהעלותך את forment le mot Av- père et les initiales de א ל מול forment le mot Em –mère. Cette élévation se fait grâce à notre Néchama dont les lettres se trouvent à la fin du mot Ménora מנרה lorsqu’il est développé : מם - נון- ריש - הה . La Ménora symbolise donc notre âme.


La Ménora fait allusion à la Tora qui doit être étudiée Lichma , de même qu’il y a Nérot (contienant 10 lumières en elles), il y a 70 facettes de la Tora qui s’élèvent quand la Tora est étudiée pour Son Nom.(d’après Rabbi Yaakov Abou’hatsira)


manhigut

Rachel et Léa




                               Jacob, Rachel et Lea - nahanfineart




            Rachel et Léa dans les sources juives

basé sur la Thèse de Yaël GRONNER à l’E.H.E.S.S, direction de Charles Mopsick


Nous évoquons la mémoire de Charles Mopsick, décédé prématurément il y a 3 ans et dont l'immense travail, sur la mystique juive notamment, laissera une trace permanente. Les extraits du travail brillamment réalisé par Yaël Gronner sous sa direction active en sont un exemple parmi de bien nombreux autres. 


Ce passage analyse les représentations de Rachel et Léa dans la Bible, le Talmud,  le Midrach et le Zohar. Etudier comment sont représentées Rachel et Léa dans les sources juives nous apprend de quelle manière les femmes étaient perçues à l’époque de la rédaction de ces textes et qu’elles étaient leurs exigences. Depuis, elles sont constamment ‘présentes’ dans les commentaires rabbiniques et dans la société juive dont elles constituent 

une référence indispensable.

Rachel et Léa dans la Bible


       Dans Jérémie, Rachel « pleurant pour ses enfants » est considérée comme une mère paradigmatique alors que la Genèse évoque Léa et Rachel comme des mères fondatrices, des êtres humains, avec leurs défauts et qualités, sans y attacher un sens exemplaire. Néanmoins, elles y agissent sur le déroulement de l’histoire en ses moments clé mais Jacob paraît l'acteur prépondérant alors qu’elles restent à l’arrière plan.


Rachel et Léa dans le Talmud


       Elles y sont souvent mentionnées et un petit nombre de passages les présentent actives, révoltées, prenant des initiatives et changeant le cours des événements : la prière de Rachel ou de Léa pour le changement du sexe de l’enfant, le marchandage des mandragores, l’invitation de Jacob dans la tente de Léa, le vol des statuettes par Rachel, Rachel qui pleure ses enfants, le peuple d’Israël et qui dialogue avec D.ieu.


       Le Talmud les évoque également avec les thèmes suivants :
- La mort et l’enterrement de Rachel et Léa. Par exemple, dans le cadre de la grotte de Makhpelah, de l’enterrement de Jacob, ou de la souffrance associée à la mort d'un époux,
- La stérilité de Rachel, personnage type d’une femme stérile qui a pu devenir féconde grâce à l’intervention de D., la fécondation de Rachel illustrant l'espoir des autres femmes stériles de la Bible à Roch-Hachana.
- La comparaison de Rachel et Léa avec Yaël qui a éxécuté Sisera pour sauver ses frères, acquiert aux yeux du Talmud un statut aussi important que celui des 2 matriarches.
- L'échange de signes entre elles. Pour le Talmud, Léa prend un mari qui ne lui était pas destiné alors que Rachel prépare un plan de défense mais cède par pudeur. Elles n'y dépassent cependant pas le rôle d'exemple illustratifs, sans statut d'intermédiation divine.


Rachel et Léa dans le Midrach


       Le nombre de citations de Rachel et Léa est plus élevé dans le Midrach (100) que dans le Talmud (15). Rachel y dépasse une seule fois son personnage purement humain, devenant  une mère emblématique du peuple. Elle aura un rôle à accomplir lors de son départ en exil. Léa y reste cantonnée à la Genèse, tandis que Rachel en sort. Le Midrach, tout comme la Bible, ne mentionne pas de la mort de Léa.
       Comme dans le Talmud, Rachel el Léa y restent 'sans visage', ne dépassant pas leur représentation biblique : sur 100 passages, 10 seulement, les décrivent actives et 6 comme ayant réellement changé le cours des événements.
       Cependant, elles y sont mentionnées surtout pour elles-mêmes et non en tant qu’exemple illustratif comme dans le Talmud. 


Rachel et Léa dans le Zohar


Le Zohar (fin du 13è), représente Rachel et Léa d’une manière nouvelle, plus comme des figures emblématiques d’une extrême importance que comme des personnages. Il les identifie à 2 Sefirot : Rachel à Malkhout (la Royauté, plus proche du monde d'en bas) et Léa à Binah (l’Intelligence, moins terrestre et plus cachée que Malkhout).
      - Le Zohar présente ainsi Rachel comme destinée à attirer Jacob pour qu’il puisse créer de nombreuses tribus avec... Léa !  D. ne voulait en effet pas marier ouvertement Léa, car elle est 'Binah', le monde caché et qui ne se dévoile pas. Le caractère caché de Léa, perçu comme un défaut dans les autres textes, est transmuté par le Zohar en une qualité à part entière : le fait de ne pas être facilement accessible. Dans le Zohar, Léa est Binah donc cachée et en conséquence peu apte à attirer Jacob, qui ne pouvant la voir la haïrait (comme l’expression « je ne peux pas te voir » signifie je te déteste en français).
       - A l’opposé, Rachel est le monde apparent qui brille, donc le moyen pour atteindre l’objectif principal qui est Léa ; Jacob est attiré vers elle et a presque l’air d’être manipulé. Vision entièrement à l’opposé de la vision midrachique où Rachel est la finalité.
       - Les actes de Léa étaient discrets, les choses du monde d’en-haut se font à la dérobée tandis que celles du monde d’en-bas se font ouvertement, on ne mentionne pas la mort de Léa comme celle de Rachel. Pour cette raison Léa est cachée dans la grotte de Makpéla et Rachel est dans l'ouvert du chemin, l'une dans le retrait, l'autre dans l'exposé. Léa et non Rachel est enterrée dans la grotte, car Léa a enfanté 6 tribus (bien plus que Rachel) et a pleuré à la croisée des chemins pour se marier avec Jacob. Rachel qui ne le fit pas, eut sa tombe en un carrefour.


Evolution des perceptions de Rachel et Léa


       Dans le Talmud et le Midrach, la jalousie de Rachel envers Léa qui usurpe sa place est surtout perçue comme sa jalousie vis-à-vis de la fécondité de sa sœur, alors qu’elle même est stérile, quand, dans le Zohar, cette jalousie devient un sentiment moteur qui aide ceux qui sont en bas à s'élever. Dans le Midrach et le Talmud, la haine de Jacob envers Léa résulte du fait qu’elle a menti à Jacob.
       Dans le Zohar et la Bible. Dans 14 passages du Zohar, Rachel pleure sur les enfants d'Israël, ce qu’elle ne fait jamais dans la Genèse.
- Rachel y est souvent seule à plaider devant D.ieu pour son peuple, forte du mérite de sa grande tolérance qui l’a amenée à laisser sa sœur à son mari.
- Ayant ainsi pleuré sans vouloir être consolée elle attire la présence divine (Chekhina) vers l’avenir d’Israël : «Comme, Rachel, ainsi fait la Chekhinah : on entend une voix dans la hauteur des cieux, la Chekhinah pleure ses enfants».
- Le fait qu’elle converse avec la divinité l’élève, car elle a réussi là où les patriarches ont failli : tenir tête à Dieu et le convaincre ; à l’inverse des patriarches qui déployaient des arguments logiques, elle a réussi grâce à l’usage de son langage émotionnel.
       Rachel est ainsi « la Mère du peuple d’Israël » sur laquelle il peut compter pendant son exil et grâce qui il bénéficiera de la rédemption. 


Rachel, à la croisée des chemins juifs!


       Les passages relatifs aux changements du cours des événements par nos deux héroïnes ont incité le Zohar à en faire des figures actives et essentielles. Le pélérinage à la tombe de Rachel qui se trouve à Beit Léhem est dès lors assez important pour que les murs peints des grandes synagogues de Sfat osent associer le Kotel avec cette tombe.
       Selon Charles Mopsick, au sujet de Rachel : «la figure du Père ne suffisant plus à remplir l’espace du croire dans le Judaïsme ibérique, la figure de la Mère remise en scène transforma le discours religieux. Sans pour autant que l’on puisse parler d’une ‘divinisation’ de Rachel, celle-ci conservant sa réalité humaine et historique pour le Zohar».
       Cependant, une dimension supplémentaire lui a bien été ajoutée en faisant en quelque sorte, une figure féminine et une intermédiation avec le divin.

 yerouchalmi



Lire l 'article integral   : jec2.chez.com 

Voir les Voix


"I will write on these tablets" is one of the paintings by Jill Nathanson featured in the "Seeing Sinai" exhibition at the Slifka Center yale.edu



                            Le voir et le don de la Torah

AVANT le don des paroles de la Tora, D. ordonne à Moshé de fixer une place à chacun pour assister à l’événement. En particulier, le peuple ne doit pas s’avancer sur la montagne. Et la défense semble grave :

« Gardez-vous de monter sur la montagne et d’en toucher l’extrémité : quiconque touche à la montagne, mourir, mourra. Une main ne touchera pas, car lapider, il sera lapidé ... » (Chemot 19, 12.)

1. Moshé prévient donc le peuple, D. commence à descendre dans un feu, la montagne est comme une fournaise et tremble. D. appelle Moshé, qui monte. Mais au lieu de déclarer les paroles, D. réitère à nouveau cette recommandation manifestement fondamentale :

« Descends, avertis le peuple, de peur qu’ils ne détruisent (les barrières) vers Hachem... » (19, 21.)

Moshé, apparemment perplexe, répond :

« Le peuple ne pourra pas monter ... car toi tu nous as avertis en disant : « Limite la montagne, et sanctifie-là » » (19, 23.)

Mais D. insiste en disant :

« Va, descends, tu monteras toi et Aaron avec toi. Et les cohanim et le peuple, qu’ils ne détruisent pas pour monter vers Hachem ... » (19, 24.)

2. Quel est l’enjeu de l’interdit ? Le verset 21 le dit explicitement :

« .. de peur qu’ils ne détruisent vers Hachem pour voir, et il en tombera beaucoup »

3. Cependant l’enjeu de voir quelque chose à ce moment de l’aventure du peuple qui vient de sortir d’Egypte est essentiel. Au sens où il n’est pas seulement question ici du don de la Tora. La Tora doit être donnée par D.. Il doit, mais là est tout le problème, descendre, pour qu’on puisse voir cela, que c’est bien Lui qui donne la Tora. Ainsi, dans Devarim 4, 9, Moshé exhorte :

« Seulement, prends garde à toi et garde grandement ton âme, de peur que tu n’oublies les choses qu’ont vues tes yeux... »

 4. En réalité, la réponse est dans le verset 15 chapitre 20 :

« Et tout le peuple virent les voix »

Rachi explique : « Nous apprenons qu’il n’y avait pas un seul aveugle  ». Car il fallait voir, c’est-à-dire connaître, de façon définitive, que ce qui s’entendait était la parole de D. Mais voir cela, sans aller voir derrière le voile de la réalité d’ici, constitue un point limite.
Rachi commente l’expression « virent les voix » : « Ils virent ce qui s’entend, chose impossible ailleurs ». « Chose impossible ailleurs » : « Hachem descendit » ( verset 20 ), Rachi explique : «  Il a incliné les cieux supérieurs et inférieurs et Il les a étendus par dessus la montagne comme un drap sur le lit. Le trône divin est alors descendu sur eux ».

Il fallut voir les voix, les paroles de D., mais non voir Hachem.

5. Est-ce parce que c’est impossible ? Qu’il n’y a rien à voir, car, comme l’explique Rambam dans le Guide des Egarés I, 5, « ce n’est pas que les yeux puissent voir la divinité » ?
Certes, on peut comprendre le sujet ainsi, sur le plan de la métaphore, et dire qu’il s’agit de s’approcher par l’esprit, de la réalité supérieure. Et voir signifie alors intelliger. Mais le problème est ici précisément le moment de la jointure entre la réalité sensible, vécue, et la réalité intelligible.

6. Mais à la fin de la Sidra Michpatim (Chemot 24, 9-10), nous apprenons que Nadav, Avihou, et soixante-dix des anciens d’Israël « virent le Eloqim d’Israël, et sous ses pieds comme un ouvrage du brillant du saphir, et comme la substance du ciel quant à la pureté ».

Puis le verset 11, chapitre 24 dit : « Et vers les nobles des fils d’Israël Il n’a pas envoyé Sa main, ils virent ha-Eloqim ils mangèrent ils burent »

Rachi commente en disant : « Nadav, Avihou et les anciens ont mérité qu’Il envoie Sa main sur eux (leur mort interviendra par la suite). Ils L’ont regardé avec un cœur grossier relatif à une nourriture et à une boisson »

Ils ont scruté avec leurs yeux pour voir D., pour voir une chose qui les ferait connaître D., véritablement, et décisivement. Mais c’est bien cela qui est grossier et destructeur, l’inconscience de l’impossibilité de cette connaissance.

Dans Devarim 4, 12, on dit ainsi : « Hachem vous a parlé du milieu du feu, la voix des paroles vous entendiez, et d’image vous n’avez pas vu »

7. Pourtant dans Bamidbar 12, 8, il est dit : « Moshé mon serviteur » Je lui parle de bouche à bouche, dans une claire apparition et sans énigmes, l’image de Hachem il la contemple »

Rachi explique alors : « C’est la vision de D. par derrière». Car il est dit (Chemot 33-20) : « Tu ne pourras voir ma face, car l’homme ne (peut) me voir et vivre »

Moshé avait demandé à voir « la gloire » de D.. D. lui montra « ce qui est derrière moi », Il lui a montré, dit Rachi, « le nœud des téfilin ».

De même, le prophète Isaïe dit : « Je vis Hachem siégeant sur un trône élevé et majestueux » (Isaïe, 6, 1.)

8. La vision est l’expérience aboutie de la connaissance. L’expression du caractère définitif de la connaissance. Il peut donc y avoir une confusion entre connaître parce que l’on voit, et voir, parce que l’on connaît. En ce sens, voir quelque chose de la divinité renvoie toujours à l’image de notre connaissance. On ne peut voir que l’arrière.
Mais ici, au moment du don de la Tora, par les prodiges, la tentation de la confusion entre la vision de la connaissance et la connaissance par la vision est radicalisée, qui oblige à ce paradoxe de dire qu’il faut voir les voix de D., pour asseoir la révélation, sans en détruire l’absoluité.


                                                                                                                                                              yechiva   
        



Le Décalogue
Voir les voix


A propos de la révélation du Décalogue il est dit que « tout le peuple vit les voix ».
 Curieuse expression qui souligne dans un sens obvie l’évidence de la perception.
 Le Midrach va au-delà de cette lecture, comme le souligne la Mé’hilta.


L’étude de la Tora ne signifie pas une simple lecture répétitive, mais un travail d’interprétation

Mé’hilta paracha Yitro chapitre 9
« Ils écoutaient la Parole [divine] et l’interprétaient [sur le champ] ».


Note
Voir les voix signifie ici percevoir les interprétations futures qui émanent du texte écrit. Tout se passe comme si le peuple voyait devant lui les folios de Talmud et de Midrach des générations futures.



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